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Livre : Service Games: The Rise and Fall of Sega

3 Commentaires

Un petit billet consacré à un ouvrage de plus dans la section geek de la bibliothèque : Service Games: The Rise and Fall of Sega (Enhanced Edition), de Sam Pethus et David Munoz. Le livre est sans surprise consacré à l’histoire du « vrai » Sega, celui  qui faisait du hardware, de la fin des années 60 à l’arrêt de la production de la Dreamcast en 2001.

Service Games - The rise and Fall of Sega

L’ouvrage est en fait basé sur une histoire de Sega rédigée par Sam Pethus pour son site web personnel, disponible en ligne gratuitement jusqu’à récemment. Avec l’aide de Kickstarter, David Munoz a pu réunir les fonds nécessaires à la rédaction d’une version enrichie, actualisée et corrigée, puis à la production d’éditions papier et électronique. C’est cette dernière que j’ai eu sous les yeux.

La majeure partie de l’ouvrage est consacrée à la Dreamcast, la Saturn et dans une moindre mesure à la Mega Drive, mais toutes les machines antérieures sont traitées trop rapidement. La division arcade est elle aussi évoquée superficiellement, alors que l’ADN de Sega provient en grande partie de là. Les auteurs étant américains, le livre se concentre logiquement beaucoup sur la maison mère japonaise et Sega of America, même si on a la bonne surprise de découvrir un chapitre sur Sega Europe à la fin, malheureusement peu documenté et complètement déconnecté du reste de l’ouvrage. Un des thèmes récurrents du livre dépeint Sega of America comme une petite structure aux moyens limités qui fait des pieds et des mains pour satisfaire le public américain alors que Sega Japan accumule les bourdes puis, moitié par incompétence, moitié par jalousie, torpille sa filiale américaine et se fait hara-kiri par la même occasion. Polémique et discutable.

La demoscène a droit à une mention dans l’un des chapitres consacrés à la Dreamcast puisque la démo A.G.E de Hitmen (appelée par erreur « A.E.G » par les auteurs), sortie en avril 2000, est présentée comme le premier programme non-officiel tournant sur Dreamcast.

Le dernier chapitre comprend de rapides entretiens avec trois membres de WaterMelon, un groupe de développeurs qui réalise encore aujourd’hui des jeux commerciaux pour Mega Drive et Super Nintendo ! Les interviews arrivent un peu comme un cheveu sur la soupe, le pourquoi du comment de leur présence dans le livre n’étant jamais expliqué, mais elles m’auront permis de découvrir ce studio assez improbable.

Si l’ouvrage convainc sur la forme (l’emploi d’un correcteur professionnel se faisant sentir ici), le fond est beaucoup plus décevant. On réalise rapidement que l’ouvrage est avant tout une compilation d’informations glanées ici et là, sans contenu inédit mais avec beaucoup d’opinions personnelles et de conclusions approximatives, parfois à la limite du « fanboyisme ». En outre les deux auteurs semblent peu à l’aise sur les sujets techniques ce qui laisse planer un gros doute sur la validité du contenu dans ce domaine. On nous explique par exemple que la Saturn a une limite théorique de 500 000 polygones par seconde mais qu’en pratique cette limite est plutôt de 3000 polygones par seconde. Évidemment ça ne tient pas trop debout puisque ça équivaudrait à un maximum de 100 polygones en 30 images par seconde. Après vérification le véritable chiffre est plutôt 20 fois plus !

Que dire en conclusion ? Service Games relate une grande quantité d’informations intéressantes, malheureusement souvent peu étayées et mélangées à une bouillie de on-dit et de ressentis confus, avec à la clé l’impression fréquente de lire un fan de Sega lambda plutôt qu’un auteur pro tentant de relater de manière à peu près objective l’histoire d’un des acteurs clés du jeu vidéo. La lecture laisse un goût tenace d’amateurisme qui empêche à mon avis de prendre l’ouvrage vraiment au sérieux, alors que revenir sur la vie et la mort du Sega des grandes années aurait mérité de prendre un peu de hauteur. En comparaison, le livre sur Atari dont j’avais parlé auparavant, est lui desservi par des erreurs sur la forme (style pataud, fautes d’orthographe, longueurs inutiles…) mais est à peu près inattaquable sur le fond avec ses nombreuses interviews inédites et l’appui de nombreux faits documentés.

Service Games: The Rise and Fall of Sega est disponible chez Amazon et d’autres vendeurs en ligne. On peut trouver la version électronique à petit prix avec un peu de chance.

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Auteur : HP

Professionnel de l'industrie vidéoludique depuis 14 ans, j'écris principalement sur l'infographie, le business des jeux vidéo et la demoscene.

3 réflexions sur “Livre : Service Games: The Rise and Fall of Sega

  1. Très intéressant et ta critique a le mérite en outre de signaler les défauts des auteurs, ce qui est bien dommage car SEGA et notamment la merveilleuse Dreamcast méritaient mieux que ça !

    • Bizarrement il n’y a pas l’air d’avoir d’autres livres en anglais ou en français consacrés uniquement à l’histoire de Sega, alors que pour Nintendo on a l’embarras du choix…

      • Etrange en effet car pour nous, les vieux de la vieille, pendant longtemps le monde des consoles se limitait à la guerre fratricide entre Sega et Nintendo à l’instar d’une certaine guerre sur ordinateur entre Amigas et Ataris🙂

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