16 Couleurs

16 Couleurs – graphisme & jeu vidéo


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Avis de recherche : les t-shirts Fassianos

Les plus vieux d’entre vous s’en rappelleront peut-être : à la fin des années 1980 et au tout début des années 1990, il existait une marque de vêtements répondant au doux nom de Fassianos qui proposait principalement des t-shirts au design dans un style BD vaguement inspiré par le revival ligne claire en vogue à cette époque (voir Chaland, Swarte…). La marque occupait peu ou prou le même créneau que LC Waikiki, Poivre Blanc ou Fido Dido.

Fassianos + Perdu de vue

Force est de constater que les t-shirts Fassianos sont aujourd’hui complètement oubliés et que si on tente quelque recherche sur internet, même très méthodiquement, on fait chou blanc. J’aimais bien cette marque dans ma jeunesse et j’ai donc décidé de lancer un appel à témoins pour tenter de répondre aux nombreuses interrogations qui m’assaillent depuis de nombreuses années :

  • Quelle est l’histoire de cette marque ? Malgré un nom à consonance grecque, le peu d’indices qu’on trouve sur la marque à l’heure actuelle pointe résolument vers la France. Le label semble d’ailleurs avoir toujours été en activité dans l’Hexagone jusqu’à récemment mais ciblant une clientèle purement féminine et dans un style passe-partout sans aucun rapport avec ses origines.
  • Combien de designs uniques ont été commercialisés ? Qu’est-il devenu des illustrations d’origine ?
  • Qui était en charge de ces illustrations ? S’agissait-il d’une seule personne ou d’un groupe d’illustrateurs travaillant dans un style similaire ?

Fassianos - plage

Tant de questions qui restent aujourd’hui sans réponse… Considérez ce billet comme une bouteille jetée à la mer dans l’espoir un peu fou de recevoir un jour des informations en retour. Si vous aussi vous êtes un fan pur et dur de Fassianos (nous sommes des dizaines !) ou si mieux, vous avez été associé de près ou de loin à la conception et la commercialisation de ces lignes de vêtements, je vous encourage à prendre contact avec moi, soit en laissant une réponse sous ce billet, soit en me contactant via Twitter ou Facebook.

J’en profite pour partager le fruit de mes recherches dans la galerie ci-dessous que j’espère pouvoir mettre à jour régulièrement.


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BD : The Golden Path, ma vie de cascadeuse

J’ai récemment eu la chance de découvrir une bande dessinée qui sort des sentiers battus : The Golden Path, ma vie de cascadeuse. L’auteur, Baptiste Pagani, a choisi un thème original et sympathique pour son premier album (si je ne m’abuse) : l’envers du décor des films d’action hongkongais des années 80, période que beaucoup considèrent comme l’âge d’or du genre. L’histoire suit le parcours de Jin Ha, jeune chinoise qui rêve de faire carrière comme cascadeuse à Hong Kong, qui y parvient un peu par chance et qui y prospère un temps avant que les choses prennent un tournant plus sombre.

Thème oblige, l’action est soutenue et est épaulée par un découpage très dynamique, mais on découvre aussi des personnages attachants, à la psychologie développée. La BD est très bien documentée et il est évident que l’auteur a pris le temps de se renseigner sur la façon dont les films étaient tournés et sur la vie à Hong Kong dans les années 80 et 90, y compris les effets de la rétrocession de la région à la Chine. La mythique Citadelle de Kowloon (alias Kowloon Walled City) est même de la partie ! Le personnage d’Eagle Chan est pour sa part de toute évidence inspiré par Jacky Chan et celui de Shamo Hueng par Samo Hung, producteur et réalisateur souvent associé au premier. Pour parfaire l’ambiance, on trouve entre chaque chapitre de superbes illustrations en pleine page d’un autre illustrateur, un certain Gabriel, qui représentent les affiches des films (fictifs évidemment) dans lesquels tourne Jin Ha. Sur la page opposée on peut découvrir des anecdotes toujours intéressantes sur la réalisation des films de kung-fu. 

En arrivant à la fin des 192 planches, ma première impression est que cette fresque assez épique fournirait une très bonne base pour un film… La boucle est bouclée ! Le dessin est très dynamique mais en voyant les superbes illustrations à la fin de l’album (voir ci-dessous), on se prend à rêver d’une telle qualité pour la totalité de l’ouvrage, mais ça aurait évidemment représenté pour l’auteur un travail titanesque et probablement un mauvais calcul financier.

J’ai également apprécié la petite filmographie en fin d’ouvrage qui donne une sélection de classiques du cinéma d’action hongkongais, donc beaucoup que j’avoue piteusement ne pas connaitre mais que j’ai maintenant envie de découvrir. Côté qualité d’impression, il n’y a rien à redire : Ça sort des rotatives de L.E.G.O en Italie, c’est propre et sans bavure, sur du beau papier, avec une couverture épaisse rehaussée d’encre dorée du plus bel effet. 

Pour la petite histoire, Label 619, l’éditeur de l’ouvrage, faisait jusqu’en février 2019 partie d’Ankama, le géant nordiste créateur des jeux Dofus et Wakfu entre autres, en tant que collection destinée aux BD au style plus alternatif. Label 619 a maintenant pris son indépendance vis à vis d’Ankama mais garde des liens privilégiés avec l’entreprise.

  • The Golden Path, ma vie de cascadeuse, par Baptiste Pagani, éditions Ankama/Label 619, 192 pages, ISBN 979-1033505365. Disponible dans toutes les bonnes vidéothèques. Les premières pages sont disponible à la lecture sur le site d’Ankama


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Il y a 30 ans, la première BD réalisée sur ordinateur : Shatter

shatter-entete

En début d’année 1984, Michael Saenz et Peter Gillis se lancèrent dans leur projet de première BD entièrement dessinée sur ordinateur, seule la colorisation étant encore faite de manière traditionnelle du fait des limitations techniques. Shatter commencera à paraître en 1985 aux États-Unis, mais je l’ai pour ma part découvert quelques années plus tard, par le biais d’une traduction française des 28 premières planches parue en 1986 dans Spirou sous le titre « Shatter chasseur de têtes ». Magie d’Amazon aidant, j’ai récemment pu me procurer à un prix modique un exemplaire neuf du recueil paru en 1988.

D’un point de vue technique les auteurs utilisèrent le haut de gamme de l’époque, à savoir le premier modèle du Macintosh avec ses 128 ko de RAM et sa résolution de 512×342, une imprimante à aiguilles ImageWriter d’une résolution de 72 dpi et le logiciel de dessin MacPaint (le matériel est visible ici, le logiciel présenté ici et même utilisable en ligne ici !). Ils évoquent dans l’introduction du recueil les réticences ou même les réactions violentes que leur projet avait suscitées en 1984, du fait de la peur de certains que l’ordinateur remplace à terme complètement les auteurs. Bien évidemment ces inquiétudes s’avérèrent infondées, les bandes dessinées étant toujours bien réalisées par des humains 30 ans plus tard et l’industrie dans son ensemble ne se portant pas si mal. L’ordinateur s’est juste avéré un excellent outil pour la BD comme pour beaucoup d’autres domaines.

Shatter (source image :  theporporbooksblog.blogspot.com )

Tout en étant loin d’être un amateur éclairé en matière de comics (mes goûts en la matière se situent plutôt vers Marcinelle ou Bruxelles), je pense que la série se distingue surtout du fait de son statut de pionnier et du tour de force que sa réalisation a demandé. Le style et la qualité du dessin sont assez variables, et le changement d’auteurs en cours de route n’aide absolument pas, les dessins perdant alors pas mal de leur charme. L’histoire, assez confuse, nous emmène sur les pas de Shatter, chasseur de primes un peu louche qui va se retrouver impliqué contre son gré dans une affaire de trafic de talent (la manip nécessitant quand même la collecte de cerveaux « à chaud » pour ensuite en extraire les données convoitées) et une guerre ouverte entre une multinationale et des mutants vivant en marge de la mégalopole.

Le choix de l’univers cyberpunk fut par contre une excellente idée, puisque l’aspect pixelisé des images renforce le côté trash de l’univers à la Blade Runner. On retrouve ce phénomène dans le premier Toy Story de Pixar : le rendu un peu plastique des images de synthèse de l’époque fut plutôt un atout pour un film utilisant principalement des jouets comme personnages. Deux excellents exemples d’utilisation à son avantage des limitations du média choisi.

Plus d’informations sur Shatter sur le site du Computer History Museum (en anglais)

La plupart des scans ci-dessus proviennent du site The PorPor Books Blog (en anglais)