16 Couleurs

16 Couleurs – graphisme & jeu vidéo


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Porkophobia 2 (image Atari STF)

La Silly Venture qui se tient chaque année à Gdańsk en Pologne est la principale demoparty 100% Atari depuis plus d’une décennie et j ‘ai eu l’occasion de m’y rendre à quelques reprises par le passé. Cette année les conditions pour voyager étaient malheureusement encore difficiles mais j’ai tout de même souhaité participer pour apporter mon modeste soutien à cet événement.

J’avais par ailleurs fait l’acquisition au cours de l’été d’un petit netbook complétement par hasard. Lors d’une visite innocente au WH Smith local (principale chaîne de librairies au Royaume-Uni), j’étais en effet tombé sur un exemplaire de « new old stock » d‘Elonex Websurfer, probablement retrouvé au fin fond de la réserve après y avoir été oublié une dizaine d’années, et proposé pour la modique somme de 12,50 livres sterling, soit une quinzaine d’euros. Évidemment, mon sang ne fit qu’un tour. En tant que vieux geek auto-revendiqué, difficile de refuser un PC portable neuf à ce prix, surtout quand il s’agit d’une curiosité comme celui-ci, même si sa sortie remonte à 2009. Mais penchons-nous sur la bête, en fait une déclinaison du concept de NanoBook de VIA sur laquelle la contribution d’Elonex a dû être extrêmement minimale. La machine est équipée d’un tout petit écran de 7 pouces tactile (un stylet est logé sur le côté de l’écran) d’une résolution de 800×480. Le processeur est plus exotique puisqu’il provient sans surprise de VIA, qui fut, loin derrière Intel et AMD, un acteur niche sur le marché des processeurs x86 sur lequel il s’était lancé en 1999 suite au rachat de Cyrix, dont les plus vieux se souviendront avec un œil attendri. Le reste de la configuration est plus classique avec de 1 Go de RAM et un disque dur de 30 Go. Petite originalité, la présence d’un minuscule combiné de téléphone à côté de l’écran que l’on peut détacher et utiliser avec Skype ou tout autre solution de VOIP populaire il y a une dizaine d’années. Malheureusement sur l’exemplaire en ma possession le téléphone ne s’allume pas, probablement la faute à une batterie qui a mal vieilli.

Elonex Websurfer Connect
Elonex Websurfer Connect

Pour rendre les choses plus intéressantes, j’ai donc décidé de réaliser mon graph pour la Silly Venture sur cette petite machine, ce qui n’est évidement pas un problème puisqu’on parle après tout d’une tâche qui ne ferait pas transpirer un Atari ST. Dans tous les cas, j’ai apprécié le fait que les dernières versions de Grafx2 avec toutes leurs améliorations soient toujours compatibles avec Windows XP. Le point le plus délicat fut en fait le rendu des couleurs de l’écran très différent des écrans modernes avec leur dalle IPS, d’où un ajustement de la palette assez important vers la fin quand j’ai réalisé que l’image était trop sombre et trop saturée. En revanche, le manque de distraction sur la machine s’est avéré le bienvenu. On oublie combien il est plus facile de se concentrer sur une tâche sur un ordinateur sans connexion internet.

Quant au « 2 » dans le titre, il fait référence au fait que le concept de l’image est inspiré par mon tout premier graph plein écran, réalisé il y a tout de même 25 ans pour la Saturne 1996. Rendez-vous en 2046 pour Porkophobia 3.

Porkophobia 2, 320×200 en 16 couleurs (palette STF de 512 teintes)


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Double impact à la Shadow Party

L’approche d’une nouvelle demoparty française (la Shadow Party) a provoqué chez moi un sursaut de productivité assez exceptionnel, avec la création en deux jours non pas d’un, mais de deux nouveaux graphs !

croquis-la-miaoufacture-1

Pour commencer, La Miaoufacture, une image pour la compétition de graphs oldschool (images en basse résolution avec un nombre de couleurs limité). Basée sur un petit gribouillis que j’avais réalisé il y a quelques mois, elle a été réalisée entièrement avec Grafx2 en trois ou quatre heures, à savoir une soirée et quelques finitions avant de commencer le travail le lendemain matin. L’image est en 320 × 200 pixels et 16 couleurs couleurs choisies parmi 512, soit exactement les limitations de l’Atari STF.

L’image ci-dessous a été modifiée pour s’afficher avec des proportions correctes sur nos écrans modernes et leurs pixels parfaitement carrés, à la différence du mode 320 × 200 où les pixels sont étirés en hauteur. La meilleure façon de réaliser cette correction en conservant une taille de pixel constante sur toute l’image est de la redimensionner en 1600 × 1200, de façon à ce que chaque pixel d’origine corresponde à cinq pixels horizontalement, mais six verticalement.

La Miaoufacture

Seconde contribution à la demoparty, Tiny Abduction Attempt, une image pour la compétition de graphs newschool (sans limite de résolution ou de nombre de couleurs — par « newschool » comprendre « post 1995 » !), réalisée ici avec Affinity Designer en un peu plus de deux heures mais qui aurait bénéficié d’un peu plus de finition.

Tiny Abduction Attempt

J’ai aussi généré des vidéos en accéléré de la réalisation de ces deux images, principalement parce que ça m’amuse de revoir le processus de création même si ce n’est pas forcément d’un grand intérêt pour quiconque d’autre. La musique sur la vidéo de La Miaoufacture provient de Kim Lightyear que j’ai découvert complètement par hasard lorsque je cherchais une bande son adaptée et libre de droits et dont je recommande les albums en écoute sur SoundCloud ou Bandcamp. J’ai oublié à un moment de démarrer le logiciel de capture d’écran donc il manque l’équivalent de 20 ou 30 minutes d’antialiasing manuel frénétique sur la première vidéo, mais je ne pense pas que ce soit vraiment perceptible.

Pleins d’autres productions intéressantes sont sorties lors de la Shadow Party, en particulier dans les compétitions oldschool qui furent bien fournies. Le tout sera normalement téléchargeable sur Demozoo dans quelques jours.


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Open Up, graphisme pour Commodore 64

Open Up, une image pour le Commodore 64

Après Diskettenpolizei l’an dernier, me voici de retour sur Commodore 64 avec une image qui a été classée 6ème à la BCC 2021.

J’utilise ici le mode Multicolor du C64, à savoir une résolution de base de 160×200 pixels « longs » avec des contraintes de blocs (3 couleurs + la couleur de fond commune à toute l’image par bloc de 4×8 pixels). Grâce au talent de Kezax, j’ai eu la possibilité de dessiner en plus sur 16 pixels de large dans les bordures droite et gauche, au prix de deux lignes en haut de l’écran pour démarrer la bidouille. Résultat, une résolution effective qui passe à 192×198 pixels, soit quasiment 20% en plus pour le même prix !

Comme à mon habitude le gros du travail a été réalisé avec Grafx2, et les derniers ajustements (changement des couleurs de bordure et de fond) avec Pixcen.

Je vous encourage à jeter un coup d’œil aux productions présentées lors de la party (en particulier une superbe petite démo de Focus, un très beau graph de Lobo, et une musique qui mélange SID et synthèse FM pour rendre hommage aux mélodies de Street of Rage), d’un niveau plus relevé que ce que la petite taille de l’événement pourrait laisser penser.


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Le graphisme pour télétexte

Ah, le télétexte, cette dimension parallèle de la télévision qui permettait de transmettre des données textuelles en utilisant une une portion du temps réservé au retour du faisceau d’électrons entre chaque trame de l’image (je cite ici Wikipédia, je serais bien en peine d’expliquer ça clairement).

Rapidement oublié après la mise du standard au placard lors des années 2000, le graphisme au format télétexte connait depuis quelques temps un certain regain d’intérêt, principalement du fait d’une petite communauté talentueuse et déterminée principalement basée en Grande-Bretagne. Je recommande en particulier le travail de Dan Farrimond et de Horsenburger.

Magie du progrès technique : le télétexte est aujourd’hui praticable sur des ordinateurs de taille plus réduite (source : Pinterest )

Il suffit de jeter un coup d’œil rapide à une image télétexte et ses énormes pixels pour comprendre qu’il faut s’attendre à des contraintes graphiques assez strictes, mais dans les faits on est réellement un cran plus bas que même la plus primitive des machines 8 bits. On a affaire ici à un mode texte de 40 colonnes et 25 lignes, un peu étendu par le biais de caractères spéciaux intelligemment appelés sixels comme ils correspondent à une division en 2 colonnes et 3 lignes (donc 6 blocs) d’un caractère plein. En prenant les sixels en compte, la résolution théorique monte à un presque indécent 80 × 75 ! Du côté des couleurs, on a le choix entre 7 en plus du noir, toutes résolument primaires et identiques à celles de la première moitié de la palette du ZX Spectrum. La contrainte la plus gênante reste à venir : changer de couleur ou basculer entre le mode texte et semi-graphique nécessite un caractère spécial qui apparaîtra vide lors de l’affichage de l’image. Il faudra donc composer avec des trous dans l’image chaque fois qu’on veut changer de couleur ou afficher des caractères alphanumériques !

Il existe plusieurs programmes pour préparer des images au format télétexte, mais le plus pratique et le plus utilisé est un outil en ligne, Edit.tf. Même s’il n’est pas vraiment facile d’accès, il est bien conçu, se contrôle entièrement au clavier et permet de sauvegarder et partager une image avec une simple URL. Les images peuvent également être exportées au format PNG (mais pas réimportées, donc attention à bien créer un favori si vous comptez modifier une image plus tard).

Edit.tf

En pratique, comment ça marche ? Je vous conseille la lecture du petit guide écrit par Dan Farrimond, mais pour résumer, on déplace son curseur sur l’image avec les flèches directionnelles, on entre les caractères de contrôle avec la touche Escape suivie d’une lettre, et les sixels avec les touches des deux tiers gauche du pavé numérique (1, 2, 4, 5, 7, 8, avec 6, 9 et 3 comme raccourcis pour respectivement un caractère plein, un caractère vide, et inverser les sixels) ou les deux premières colonnes de lettres du clavier (A, Z, Q, S, W, X sur un clavier français, avec F, C et R comme raccourcis pour respectivement un caractère plein, un caractère vide, et inverser les sixels).

Histoire de visualiser un peu ce qu’on fait, commençons par activer l’affichage des caractères de contrôle avec Esc puis Shift Q ou en cliquant sur la commande appropriée dans le menu à gauche. Il faut ensuite indiquer que chaque ligne affichera des sixels (blancs ici, ou de toute autre couleur) : pour cela il faut entrer Esc puis Shift W sur le premier caractère de chaque ligne. Sans cette manipulation les lignes seraient limitées aux caractères alphanumériques.

On peut ensuite commencer à remplir la grille avec des sixels, comme expliqué ci-dessus. Il est généralement plus facile de commencer avec une ébauche constituée de caractères pleins (touches 6 ou F).

Une fois l’image en noir et blanc à peu près finalisée, on peut à présent déterminer les emplacements optimaux pour insérer les caractères de changement de couleur et donc glisser des Esc puis Shift R/G/Y/B/M/C aux endroits stratégiques.

Voilà pour les bases. Les quelques commandes suivantes vous seront probablement également utiles :

  • Esc puis Shift E pour exporter l’image, suivi d’un clic droit sur la mention « PNG » qui apparaît en bas à gauche de l’écran, puis « Sauvegarder le lien ».
  • Esc puis Shift X pour afficher la grille.
  • Esc puis Shift S pour activer le mode « quadrillage » des sixels qui permet de simuler une trame plus fine.
  • Esc puis Shift N pour changer la couleur du fond.
Rage Against The Teletext

Jusqu’ici ma maigre expérience avec le télétexte a été résolument positive. Une fois qu’on a pris le pli avec Edit.tf, les contraintes techniques ont un petit côté puzzle qui n’est pas désagréable et s’avère même plutôt relaxant.


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Avis de recherche : les t-shirts Fassianos

Les plus vieux d’entre vous s’en rappelleront peut-être : à la fin des années 1980 et au tout début des années 1990, il existait une marque de vêtements répondant au doux nom de Fassianos qui proposait principalement des t-shirts au design dans un style BD vaguement inspiré par le revival ligne claire en vogue à cette époque (voir Chaland, Swarte…). La marque occupait peu ou prou le même créneau que LC Waikiki, Poivre Blanc ou Fido Dido.

Fassianos + Perdu de vue

Force est de constater que les t-shirts Fassianos sont aujourd’hui complètement oubliés et que si on tente quelque recherche sur internet, même très méthodiquement, on fait chou blanc. J’aimais bien cette marque dans ma jeunesse et j’ai donc décidé de lancer un appel à témoins pour tenter de répondre aux nombreuses interrogations qui m’assaillent depuis de nombreuses années :

  • Quelle est l’histoire de cette marque ? Malgré un nom à consonance grecque, le peu d’indices qu’on trouve sur la marque à l’heure actuelle pointe résolument vers la France. Le label semble d’ailleurs avoir toujours été en activité dans l’Hexagone jusqu’à récemment mais ciblant une clientèle purement féminine et dans un style passe-partout sans aucun rapport avec ses origines.
  • Combien de designs uniques ont été commercialisés ? Qu’est-il devenu des illustrations d’origine ?
  • Qui était en charge de ces illustrations ? S’agissait-il d’une seule personne ou d’un groupe d’illustrateurs travaillant dans un style similaire ?

Fassianos - plage

Tant de questions qui restent aujourd’hui sans réponse… Considérez ce billet comme une bouteille jetée à la mer dans l’espoir un peu fou de recevoir un jour des informations en retour. Si vous aussi vous êtes un fan pur et dur de Fassianos (nous sommes des dizaines !) ou si mieux, vous avez été associé de près ou de loin à la conception et la commercialisation de ces lignes de vêtements, je vous encourage à prendre contact avec moi, soit en laissant une réponse sous ce billet, soit en me contactant via Twitter ou Facebook.

J’en profite pour partager le fruit de mes recherches dans la galerie ci-dessous que j’espère pouvoir mettre à jour régulièrement.


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A Boy and His Blob: Toxic Relationship Edition

Voici une nouvelle réalisation, fruit d’un après-midi de travail avec Leonardo, logiciel de dessin que je recommande toujours autant pour le dessin en mode tablette sous Windows. Les ajustements finals et le logo ont été réalisés avec Clip Studio Paint.

A Boy and His Blob: Toxic Relationship Edition

L’image est évidemment un clin d’œil au jeu A Boy and His Blob, sorti initialement sur NES et Game Boy en 1990, mais plus particulièrement à la version Wii de 2009, elle-même portée sur PC, Playstation et mobile quelques années plus tard. Ce remake de qualité est dû à WayForward, un studio californien de développement de jeux vidéo qui existe depuis 1990 et à qui on doit de nombreux jeux mémorables – entre autres, la série de jeux de plate-formes Shantae, dont le premier reste l’un des plus beaux titres de la Game Boy Color.

A Boy and His Blob par WayForward Technologies (2009)

L’image a été présentée à la Outline Online 2020, une demoparty batave initialement consacrée aux machines Atari, mais résolument généraliste depuis quelques années. Vu la situation actuelle, la party était entièrement en ligne pour cette édition comme la plupart des demoparties dernièrement.

Je conclurai avec la traditionnelle vidéo du making-of :

 

 

 


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Graphisme en mode 1999

Avec un peu de tâtonnement, j’ai réussi à remonter le PC que j’avais utilisé entre 1998 et 2002, une superbe machine à base d’AMD K6 166 Mhz, faite un peu de bric et de broc comme beaucoup de PC d’étudiants, et qui m’avait accompagné dans un certain nombre de demoparties. Le bureau de Windows 98 est une vraie capsule temporelle avec ses icônes pour ICQ, mIRC ou Netscape Navigator sur le bureau et une boîte mail remplie de messages consacrés au développement du jeu Palm OS Monsta

J’ai aussi retrouvé la première tablette graphique que je m’étais procurée, une petite Goldstar Digipen 100 au format A6 qui m’avait coûté 400 francs vers 1998 je crois, soit en tenant compte de l’inflation, à peu près 80 euros de 2020. Selon mes recherches, il semble qu’il s’agisse en fait d’une UC-Logic SuperPen SP-6045 rebadgée pour la marché français. Oh, c’était assez primitif pour ce prix, avec un superbe fil qui relie le stylet à la tablette, fil qui prend évidemment un malin plaisir à être toujours au mauvais endroit au mauvais moment. Sur le papier le stylet supporte 512 niveaux de pression mais en pratique on en constate plutôt 2, même si pour être honnête le problème est peut-être plus à chercher du côté du manque de compatibilité des programmes que j’ai essayés. 

Goldstar Digipen 100

Avec ce matériel de rêve sous la main, pourquoi ne pas le mettre à profit pour faire un peu d’infographie à l’ancienne ? Le PC dispose justement de quelques logiciels de dessin qui sont restés dans leur jus, dont Paint Shop Pro 6 qui fonctionne plutôt bien malgré ses 6300 jours de dépassement de la période d’évaluation. 

Me voilà donc parti pour une expérience assez étrange – deux heures passées dans une faille temporelle où les choses se sont plutôt bien passées en fait, sans frustrations majeures sauf quand on veut taper du côté des effets évidemment, où un pauvre Gaussian Blur va prendre plus de 30 secondes. Paint Shop Pro tenait vraiment la route au début des années 2000 et il est logique que ça ait correspondu à une période faste pour JASC, la société à l’origine de l’application. Je vous renvoie à ce sujet à un article intéressant de Tedium. Du côté du hardware et de l’OS, je dois même reconnaître que je suis agréablement surpris par la réactivité de l’ensemble, même si on ne peut pas en dire de même pour la stabilité générale… 

Enfin bref, voici le résultat obtenu quasiment brut de décoffrage – j’ai uniquement corrigé les niveaux et ajouté la signature sur une machine moderne afin que l’image puisse être utilisée dans un art pack présenté à la Revision 2020 : The Collection par 2xl Crew. L’aspect un peu brouillon de l’image est surtout dû au manque de précision de la tablette auquel il ne faut pas demander l’impossible. 

Catari, image réalisée avec Paintshop Pro 6 sur un PC de 20 ans d’âge (AMD K6 166 MHz, 32 Mo de RAM, Windows 98)


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Gros nez, nonogrammes et PETSCII

Le week-end dernier se tenait à Bruxelles la première démoparty belge depuis 2014, la Rsync. En cet honneur, j’avais préparé un graph pour présenter comme remote entry. Le personnage a été réalisé avec le logiciel Leonardo, que je considère comme la meilleure solution pour le dessin sur écran tactile sous Windows (j’utilise un Surface Book). L’interface est très réactive, bien conçue et parfaitement adaptée à une utilisation au stylet, et les performances générales sont excellentes, même sur des images de grande dimension. J’ai ensuite utilisé Affinity Designer pour ajouter le fond et les effectuer les derniers ajustements.

Grotarin, première place à la Rsync 2020

Étapes de la réalisation de l'image Grotarin

Quelques étapes de la réalisation

L’inspiration pour cette image provient d’un niveau en 10×10 de Quixel, un jeu type picross (ou nonogrammes) pour iOS et Android pour lequel j’ai récemment tenu le rôle de producteur. J’en ai également profité pour réaliser plus d’une centaine de niveaux, même si ce n’est qu’une goutte d’eau parmi les 1281 que compte le jeu actuellement.

Quitte à user cette idée jusqu’à la corde, j’ai également commis une version de ce personnage en 8×8 caractères PETSCII (le mode texte des machines Commodore 8 bits, du PET au C64) pour la Tiny PETSCII Compo 2020.

Les copains de Flush avaient eux fait le déplacement à Bruxelles et ont remporté la première place de la compétition démo oldschool avec une véritable lettre d’amour à la Belgique (il manque juste une allusion à Dikkenek, inexcusable…) tournant sur Atari 2600. Le titre fait référence à The Sound of Belgium, superbe documentaire consacré à l’explosion de la musique électronique en Belgique à partir de la naissance du phénomène New Beat à la fin des années 1980.


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« Stuck on You » pour la Bally Astrocade

La Bally Astrocade (ou Bally Arcade, Bally Professional Arcade) est une console qui est à peu près inconnue en France du fait de sa commercialisation uniquement sur le marché américain, et en faibles quantités en plus.

Sa carrière commerciale fut en effet assez compliquée. Initialement lancée peu de temps après l’Atari 2600 fin 1977, elle ne sera réellement disponible qu’en 1978 pour ne rencontrer qu’un succès modeste jusqu’en 1983 où elle cesse d’être commercialisée. Les raisons de cet échec sont probablement à chercher du côté d’un prix élevé, du manque de jeux, de l’absence des grosses licences de l’époque (Pac-Man, Space Invaders…), et plus généralement de la stratégie peu claire de Bally qui ne supportera la console que du bout des lèvres avant de tout arrêter via une vente de la division quelques années plus tard. Difficile dans ces conditions de concurrencer Atari qui était alors 100% dédié à la réussite de la VCS. Dans la série « le monde est petit » : l’architecture de la console fut conçue par Nutting Associates, qui employa Nolan Bushnell et Ted Dabney pendant quelques années avant qu’ils ne démissionnent pour fonder Atari.

Si on passe outre sa maigre logithèque de 28 jeux officiels seulement, l’Astrocade est néanmoins une machine intéressante du fait de sa puissance graphique comparée à la 2600 (elle-même beaucoup plus abordable, certes), mais aussi du fait de l’existence de l’extension ZGRASS, même s’il n’est pas très clair dans quelle mesure elle fut réellement commercialisée… Cette extension qui se plaçait sous la console permettait de transformer l’Astrocade en un véritable ordinateur avec un clavier, un coprocesseur mathématique, des ports pour un lecteur de cassette ou de disquette, une extension de RAM et une ROM comprenant le langage de programmation GRASS, un dérivé du BASIC dédié à la création d’animations (dont certaines pour les premiers Star Wars) dans l’esprit de ce que sera Processing bien des années plus tard.

La console propose une résolution de 160×102 (comme la Lynx d’Atari d’ailleurs) en seulement 4 couleurs choisies parmi une palette de 256, mais il existe une fonction originale qui permet de diviser l’écran en deux colonnes de taille libre. Dans ce cas, chaque côté possède sa propre palette de 4 couleurs, ce qui amène le total à 8, du grand luxe en 1977 ! J’ai utilisé cette fonction de manière assez évidente dans mon image, Stuck on You, présentée à la @Party 2019 et je pense la toute première release sur Astrocade dans le contexte de la demoscène.

Exocet – Stuck On You (Bally Astrocade)

Pour réaliser cette image, j’ai utilisé AstroPaint, un programme de dessin en ligne spécialement dédié à l’Astrocade qui permet d’exporter l’image en assembleur Z80, ce qui est pratique pour qui veut développer pour la console. AstroPaint est utilisable mais tellement basique (un seul outil, pas d’undo…) que je ne saurais réellement le recommander.

Stuck On You sur Demozoo


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Revision 2019 : lutins musiciens et auto-mitrailleuses

J’ai cette année fait le déplacement pour la Revision, la grand-messe de la demoscene qui attire 700 ou 800 personnes à Sarrebruck chaque année pendant le week-end de Pâques.

Ne voulant pas venir les mains vides, j’avais  prévu de présenter un graph oldschool, un graph « moderne », et un GIF animé. Objectif un peu trop ambitieux puisque du fait du manque de temps le GIF animé a dû passer à la trappe.

Life and Death of a Gnome, 320×256 32 couleurs

Ma contribution à la compétition Oldskool Graphics fut Life and Death of a Gnome, petite scène bucolico-fantastico-aigre-douce, une sorte de The Den version mais plus sombre pour annoncer l’approche de l’été. Côté technique, c’est exactement les caractéristiques de l’Amiga 500 avec une résolution de 320×256 pixels en 32 couleurs choisies parmi une palette de 4096, le tout entièrement réalisé sous Grafx2 si on exclut le croquis de départ sous Photoshop. Le tout représente une quinzaine d’heure de travail dont le dernier tiers dans des conditions un peu chaotiques à la Revision. L’image a terminé 4ème dans la compétition Oldskool Graphics.

Can’t Stop, Won’t Stop

Toujours à la pointe du progrès, j’ai aussi présenté une image dans la compétition Modern Graphics (une catégorie un peu fourre-tout qui regroupe images 2D, 3D et dessins et peintures sur papier) : Can’t Stop, Won’t Stop. Le travail a ici été effectué avec Blender, Photoshop et Leonardo. L’image a souffert d’un manque de temps assez évident mais je pense que ce concept de la Chine des années 20 ou 30 (période à laquelle le pays a sombré dans la guerre civile entre de nombreuses factions aux alliances changeantes) et des blindés de cette période a du potentiel. Je compte bien persévérer dans cette direction.

Qui dit Revision, dit une tripotée de releases d’excellentes qualité, ainsi je ne peux que vous recommander de regarder en particulier les contributions aux compétitions Amiga Démo, excellente cette année, Amiga Intro et PC 64k, 8k et 4k. Il y a beaucoup d’autres releases dans d’autres compétitions qui valent aussi le coup d’œil. Il y en a trop de bonnes pour les lister, mais vous pouvez découvrir le tout sur Demozoo.

 


Quelques notes techniques sur la réalisation du timelapse : comme pour la vidéo pour The Den, j’ai utilisé Autoscreen, FFMPEG et Shotcut pour la réaliser, mais entre les deux premières étapes, j’ai aussi passé les images à la moulinette ImageMagick pour éviter des problèmes de proportions lors du redimensionnement des images par FFMPEG. Pour plus de détails, voir les notes à la fin de mes explications de la dernière fois.