16 Couleurs

16 Couleurs – graphisme & jeu vidéo


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La console la moins chère du monde

Un des avantages de vivre en Chine est d’avoir accès à une quasi-infinité de produits à la qualité parfois douteuse mais au prix imbattable.  Démonstration aujourd’hui avec la console à 4 euros !

En l’occurrence, la version de base de la Xiao Ba Wang D30 (小霸王, « petit despote ») est proposée aux environs de 30 yuans, soit un peu moins 4 euros. La console est produite dans le Guangdong par Subor qui, outre de nombreux modèles de consoles très « inspirés » par la concurrence japonaise, propose tout une gamme de produits électroniques grand public tels que des baladeurs MP3/MP4, tablettes et portables pour enfants.

Après l’ouverture de l’emballage, on se trouve en présence d’une console de petite taille et de 2 manettes type NES. A noter que celles-ci utilisent le connecteur 9 broches introduit par Atari sur la VCS 2600 avant de devenir un standard de facto qu’on retrouvera sur Master System, Megadrive, Atari ST, Amiga, Amstrad, etc. Les ingénieurs d’Atari n’avaient surement pas imaginé que ce standard survivrait encore en Chine 35 ans plus tard !

Étonnamment la coque de la console est déjà marquée et tachée au déballage, alors qu’il s’agit d’un produit neuf… Le problème est de toute évidence survenu au moment de l’assemblage ou lors du stockage des pièces, mais à ce niveau de prix là il ne faut pas non plus s’attendre à une chaîne d’assemblage immaculée.

À l’allumage, pas de grosse surprise, si le prix est si bas c’est aussi parce que les frais de R&D ont été à peu près inexistants puisque la console émule tout simplement la NES. La cartouche « 64-in-1 » reçue avec la console (en option, ce qui pousse le prix à 50 yuans ou 6 euros) contient la plupart des classiques de la 8 bit de Nintendo, bizarrement en version anglaise (une langue qu’on imagine moins connotée que le japonais en Chine), avec quelques particularités en prime. D’une part, toute allusion à Nintendo ou aux développeurs d’origine a été supprimée, comme les copyrights sur les écrans de titre. Pas sûr que cela suffise à supprimer les soupçons de piratage… D’autre part, les titres et les logos de certains jeux ont été modifiés : Gradius devient par exemple Grading et Donkey Kong 3, Gorilla 3. Enfin la cartouche contient des versions « super » de quelques titres, qui sont identiques au jeu d’origine mais accélérées.

Pas de soucis particulier à l’usage même si la durée de vie des manettes est sujette à caution. La qualité d’affichage est également très brouillonne, mais il me semble que la NES avait le même problème. À noter qu’on peut trouver des variantes de la console au style d’inspiration diverse (Famicom japonaise, Playstation ou même Angry Birds !).

En tout état de cause, la console m’aura permis de découvrir certains jeux NES sympathiques, comme Circus Charlie ou Ice Climber. La nostalgie aidant, on peut se demander si une version officielle de la part de Nintendo, évidemment de meilleure qualité, carrossée comme une NES miniature et proposée aux alentours de 15 -20 euros ne pourrait pas trouver son public.