16 Couleurs

16 Couleurs – graphisme & jeu vidéo


5 Commentaires

Jeu : Flop Rocket (Android, iOS), entre spéléo et conquête spatiale

Flop Rocket

Flop Rocket mélange Flappy Bird et Lunar Lander, effectuant brillamment un grand écart entre les 34 ans qui séparent la sortie de ces deux titres. Comme dans Flappy Bird, le but du jeu consiste à se maintenir dans les airs et à s’aventurer le plus loin possible vers la droite de l’écran sans s’écraser. Toujours comme dans Flappy Bird, le gameplay est assimilé (mais sûrement pas maîtrisé) en quelques secondes. En effet comme dans Lunar Lander, le contrôle de l’appareil est ardu, imposant d’équilibrer à la fois l’activation et l’orientation des réacteurs, la consommation de carburant et la gravité, et la moindre erreur ou hésitation se charge de nous ramener au contact rugueux de la réalité.

Les prémisses du jeu sont expliqués par une petite introduction animée qui pose le ton d’un jeu qui ne se prend pas au sérieux : nous sommes en présence d’un programme spatial qui a eu la malencontreuse idée d’installer son unique rampe de lancement tout au fond d’une grotte. Maintenant il va falloir faire avec et, malgré les très nombreux obstacles, tenter de parcourir les 5 kilomètres au bout desquels on pourra enfin s’arracher de l’attraction terrestre. En dehors du sol et du plafond froids et durs de la grotte et les centaines de stalagmites et stalactites qui ont poussé un peu partout, on devra accessoirement aussi éviter des monstres type canards de l’espace ou vers géants.

S’ajoute à cela un léger aspect RPG dans le sens où les pièces qu’on collecte servent à améliorer les caractéristiques de l’appareil : puissance, agilité, magnétisme (pour ramasser les pièces facilement), volume du réservoir, etc. Un système de missions permet de se fixer des objectifs secondaires et pimente un peu les parties.

Le jeu, disponible sur Android et iOS, est gratuit à télécharger mais en déboursant 3 euros on supprime la publicité, double la valeur des pièces collectées, débloque des nouvelles améliorations pour l’appareil et accède à un système de sauvegarde sur le cloud. Et c’est tout, le jeu ne quémandera rien de plus à l’avenir. Simple et efficace.

Le petit studio derrière Flop Rocket s’appelle Butterscotch Shenanigans, est composé de 3 frères basés à Saint Louis au Missouri et a sorti quelques jeux auparavant qui sont dans le même esprit. En parcourant leur blog on apprend que le jeu est réalisé avec GameMaker (encore !) et Inkscape. On peut aussi y lire leurs réflexions sur l’état actuel du marché du jeu sur mobile, dépeint malheureusement de manière assez sombre : Why we can’t have nice things.

 


Poster un commentaire

Jeu : Gunpoint, infiltration et défenestration (Windows, Linux, Mac)

Gunpoint est un jeu indépendant sorti en 2013 sur Windows et l’année suivante sur Linux et Mac. Comme Hotline Miami, Spelunky ou Stealth Bastard, il s’agit d’un titre entièrement réalisé avec Game Maker, qui décidément aura permis la conception de pas mal de jeux marquants. Mieux, c’est également le premier titre de l’auteur, Tom Francis, alors journaliste chez PC Gamer en Grande-Bretagne.

L’action se déroule dans un futur proche mais peu engageant, au sein d’une mégalopole glauque où il fait toujours nuit et pleut souvent (faut-il y voir une allusion au climat d’Outre-Manche ?). Le héro, honnête espion freelance voulant innocemment essayer son nouveau « super-pantalon-sauteur », se trouve malencontreusement mêlé à une sombre embrouille dans l’industrie de l’armement, aux ramifications beaucoup plus étendues qu’elles ne paraissaient initialement.

Le jeu se déroule en missions où l’objectif est généralement de s’infiltrer dans un bâtiment en évitant ou en neutralisant les gardes et de pirater un ordinateur. Les super-sauts qui permettent de défoncer les fenêtres (éventuellement en emportant un garde qui a fait l’erreur de s’en approcher un peu trop) apportent une touche d’originalité aux déplacements. Le système «crosslink», qui permet de hacker le réseau électrique et tous les appareils qui y sont connectés, fournit lui l’essentiel de l’aspect réflexion, primordial rapidement. Gunpoint laisse une grande liberté au joueur dans le choix de ses actions et il y a toujours plusieurs façons de terminer les niveaux : bourrin, malin ou tout simplement chanceux. Par contre on meurt à la moindre balle reçue et la prudence est donc de mise, même si le système de sauvegarde automatique, qui permet de revenir quelques secondes en arrière en cas d’accident, incite néanmoins à tester les stratégies les plus loufoques.

J’ai trouvé l’humour dans les dialogues qui présentent les missions réellement bon avec un petit côté LucasArts de la grande époque. Graphiquement le jeu est sympathique sans être particulièrement mémorable et les décors sont très chargés, au détriment parfois de la lisibilité de la structure des niveaux. L’histoire principale ne dure que quelques heures, mais l’éditeur de niveaux intégré laisse présager d’une durée de vie honnête (plus de 1300 niveaux disponibles sur Steam !).

Le blog de l’auteur relate le développement du jeu et mérite le coup d’œil, comme ce billet qui présente les différentes options alors envisagées pour les visuels.


1 commentaire

Jeu : Stealth Bastard (Windows)

Les britanniques de Curve Studios viennent juste de dévoiler Stealth Bastard, un jeu de plate-formes où l’infiltration joue un rôle central. Le style visuel, résolument rétro mais très cohérent, colle parfaitement au thème et au gameplay sans concession.

Stealth Bastard : le jeu

Quelques aspects de Stealth Bastard me rappellent vaguement Secret Agent d’Apogee, même si la notion d’infiltration était complètement absente de ce dernier : même thème, même conception des niveaux comme puzzles, même ambiance claustrophobe.

Ici les premiers niveaux font office de didacticiel, mais une fois ces derniers passés la difficulté devient rapidement très corsée, d’autant plus que la présence de leaderboards incite à la rapidité.

Et comme apparemment sortir un jeu bien conçu, complet, gratuit et doté de 28 niveaux ne suffisait pas, Curve Studios y ajoute un éditeur de niveaux pour lui conférer une durée de vie à peu près infinie.

Stealth Bastard : l'éditeur de niveaux

Télécharger Stealth Bastard