16 Couleurs

16 Couleurs – graphisme & jeu vidéo


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Les jeux de studios français sur Facebook (4)

Penchons-nous aujourd’hui à nouveau sur les derniers jeux Facebook développés en  France. On retrouve peu ou prou les mêmes sociétés que dans mes précédents billets (1, 2, 3), signe peut-être de la maturité du marché. La palme du dynamisme revient cette fois à Pretty Simple, puisque le studio parisien a lancé 2 jeux ambitieux à quelques semaines d’intervalle.

À noter que Facebook a changé la manière dont sont communiquées les statistiques des applications. Il n’est à présent plus possible de connaître les DAU et MAU de manière précise, mais juste sous forme de fourchettes dont les dents sont si larges qu’un semi-remorque pourrait y passer.

  • Criminal Case (par Pretty Simple, plus de 1 million de DAU) est le gros succès du moment comme confirmé récemment par ses créateurs. Le jeu fait partie de la grande famille des Hidden Object (recherche d’objets cachés dans un décor), mais il dispose d’un très bel habillage graphique et d’une intrigue basés sur des enquêtes policières assez glauques, ce qui lui confère une vraie originalité. La collecte d’objets cachés sur les lieux des crimes permet d’avancer dans l’enquête et de démasquer le coupable une fois suffisamment d’indices accumulés.
    Jouer à Criminal Case sur Facebook.

Criminal Case

 

  • Magical Ride (par Pretty simple, plus de 50 000 DAU), sorti un peu avant Criminal Case, nous met dans la peau d’une petite sorcière sur un balais (une cousine de Kiki ?) qui doit progresser le plus loin possible en évitant les très nombreux obstacles et ennemis qui ne manqueront pas de surgir sur sa route. La réalisation est de très bon niveau avec des visuels particulièrement mignons et des animations soignées. Entièrement contrôlable avec le bouton gauche de la souris, le jeu rappelle beaucoup Jetpack Joyride mais avec un style et une atmosphère bien à part. De toute façon si je ne m’abuse, les origines du gameplay de Jetpack Joyride sont à chercher du côté d’un jeu Flash assez ancien, Fly the Copter, même si le concept a bien sûr été énormément amélioré par Halfbrick.
    Jouer à Magical Ride sur Facebook.

Magical Ride

  • Tiki Blocks (par Kobojo, plus de 10 000 DAU) permet à Kobojo de s’essayer à un nouveau genre : le skill gaming, version 2 joueurs asynchrones. Le principe est basé sur celui de SameGame (ou plus récemment, Diamond Dash) et le but est donc de faire disparaître en 60 secondes le maximum de groupes comprenant trois blocs ou plus de même couleur, le tout agrémenté de divers bonus comme il se doit. Comme toujours avec Kobojo, la partie visuelle est très soignée et rappelle un peu certains jeux PopCap comme Zuma. On a fait pire comme comparaison.
    Jouer à Tiki Blocks sur Facebook.

Tiki Blocks

  • Questionary (par Kobojo, plus de 10 000 DAU), le tout nouveau jeu de Kobojo, encore en phase de soft launch et donc non annoncé officiellement, est un quiz dans l’esprit SongPop où l’on se mesure à un autre joueur humain en différé. Encore une fois la présentation est soignée, même s’il est difficile d’en mettre plein les yeux avec un jeu de quiz. Il s’agit également du premier titre de Kobojo a être multiplateforme dès l’origine, puisque le jeu est disponible dès maintenant sur iOS et Android en plus de Facebook. On peut penser que cette stratégie va se généraliser cette année.
    Jouer à Questionary sur Facebook

Questionary

  • Kompany! (par OUAT Entertainment, plus de 300 DAU) part d’un principe louable et ô combien important : aider les jeunes à mieux comprendre le fonctionnement d’une entreprise. Le jeu nous place donc dans les chaussures d’un petit patron dont le but est de permettre à son entreprise de produire les biens qui satisferont ses clients. Malheureusement le jeu s’avère un peu trop complexe avec trop de partenaires et de services disponibles dès le début et on s’y perd un peu. De même, les objectifs du jeu (gagner de l’expérience et de l’énergie) se mélangent à ceux de l’entreprise (honorer des commandes, réaliser des bénéfices) ce qui rend les choses un peu plus confuses. Cette complexité déteint d’ailleurs sur les visuels qui sont généralement très chargés. Dommage aussi que les personnages paraissent un peu simplistes et rigides alors qu’une pointe d’humour dans les animations aurait rendu le jeu beaucoup plus vivant.
    Jouer à Kompany! sur Facebook.

Kompany!

  • Code Lyoko (par 3DDUO, plus de 10 000 DAU), est comme on s’en doute basé sur le dessin animé à succès éponyme. Le jeu est assez classique, sorte de RPG basique reposant sur des combats automatiques contre des monstres. La victoire lors de ces affrontements permet de progresser sur la carte du monde de Lyoko et d’améliorer les équipements et pouvoirs du personnage que l’on incarne. La réalisation est tout à fait dans l’esprit de la série et l’interface du jeu, comme l’ordinateur dans le dessin animé, la seule fenêtre sur les territoires virtuels de Lyoko.
    Jouer à Code Lyoko sur Facebook.

Code Lyoko

  • Stars Connect (par IsCool Entertainment, plus de 10 000 DAU) marie intelligemment le quiz musical à la SongPop (qui assure l’intérêt à court-terme) et le jeu de cartes à collectionner à la IsCool (qui apporte un objectif à long terme). Le but du jeu est donc de défier ses amis ou des bots avec des questions portant évidemment sur la musique, puis d’acheter des cartes représentants des artistes avec l’argent récolté. Comme dans IsCool, l’échange de cartes avec les amis est bien sûr encouragé. La coopération d’IsCool avec Universal Music leur a permis d’obtenir l’accès au catalogue de la major et on retrouve donc beaucoup d’artistes connus dans le jeu.
    Jouer à Stars Connect sur Facebook.

Stars Connect

  • Wordox (par IsCool Entertainment, plus de 100 000 DAU) n’est pas récent mais j’avais réussi à l’oublier jusqu’ici, alors que le jeu a su attirer une communauté très active depuis son arrivée sur Facebook en juillet 2012. Il s’agit d’un jeu de lettres multijoueur en temps réel dont les règles rappellent un peu Scrabble en beaucoup plus compétitif, puisque rajouter une ou des lettres à un mot de l’adversaire permet de « capturer » celui-ci (comme dans Othello) et les points qui y sont associés. Les cases bonus présentes sur le plateau peuvent aussi entraîner des retournements de situation à la dernière minute. D’un point de vue visuel et technique le jeu paraît très abouti, avec un style cartoon plus affirmé que beaucoup de jeux de ce style, souvent un peu fades. A noter que le jeu est également disponible en version mobile sur Android et iOS.
    Jouer à Wordox sur Facebook.

Wordox

Voir aussi :


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Les jeux de studios français sur Facebook (3)

Je viens de prendre conscience que mes deux derniers billets sur le sujet remonte à un an ou plus (première partie, deuxième partie). Alors voilà, un nouveau tour de table des jeux Facebook réalisés par des studios français s’impose. Comme auparavant, l’idée est d’établir une liste parfaitement subjective de jeux récents qui ont retenu mon attention, généralement avec un nombre de joueurs conséquent, mais pas forcément. Le nombre de DAU sont tels qu’estimés par AppData le 2 juin 2012.

Atlantis Fantasy

Commençons par Kobojo, qui confirme sa position de studio français le plus actif sur Facebook, puisque la société a lancé deux gros titres depuis l’été dernier. Les mécanismes du premier, Atlantis Fantasy (110 000 DAU), ne sont pas sans rappeler PyramidVille, mais en version sous-marine, puisque la ville à développer pas à pas est cette fois à la sauce Atlante. Graphiquement le jeu n’a rien a voir avec son prédécesseur et le saut qualitatif est impressionnant. Atlantis Fantasy est sans conteste un des jeux les plus léchés visuellement sur Facebook (peut-être grâce a la collaboration avec Ouat Entertainment, un studio plus ancien basé à Angoulême), et se paie aussi le luxe d’être l’un des jeux Flash les plus fluides que j’ai pu essayer.
Jouer à Atlantis Fantasy.

Smooty Tales

Un nouveau jeu de Kobojo est disponible depuis peu : Smooty Tales. Ici le but est de prendre un charge une petite bestiole velue en lui construisant un sanctuaire qui saura répondre à tous ses besoins. Comme pour un Tamagotchi, il faudra en prendre soin régulièrement, comme dans The Sims Social, les relations avec les voisins doivent être entretenues. On retrouve également le système de skills qui débloque des nouvelles actions ou objets. Là encore, le jeu impressionne par ses graphismes dont les détails et la finition sont de très haut niveau. Le jeu est si récent qu’il n’a pas été encore annoncé officiellement et les statistiques ne sont toujours pas disponibles sur AppData à l’heure actuelle.
Jouer à Smooty Tales.

Treasure City

Treasure City par Ooblada (anciennement Zslide) est la suite spirituelle de Treasure Madness, leur grand succès lancé en 2009. Là aussi, le principe est d’explorer des séries d’îles flottantes pour y localiser les trésors enfouis au hasard du décor. Le jeu est plus mignon graphiquement que Treasure Madness, avec des petits personnages très attachants et des palettes de couleurs choisies avec soin. Autre changement, les mini-jeux ont laissé leur place à des exercices d’entraînement cérébral de type Kawashima. Leur niveau est malheureusement très modeste (rater un exercice semble rarissime pour tout adulte normalement constitué) ce qui rend la gymnastique intellectuelle toute relative. Peut-être est-ce la raison pour laquelle le jeu semble peiner à trouver son public (2000 DAU à l’heure actuelle, contre toujours 90 000 pour son prédécesseur). Dommage, parce que visuellement le jeu est une franche réussite.
Jouer à Treasure City

Bubble Bunny

Avec Bubble Bunny (20 000 DAU), sorti plus récemment, Ooblada s’essaye à un autre type de jeu : le skill gaming façon Bejeweled Blitz ou Diamond Dash, caractérisé par un principe de jeu simple mais fignolé aux petits oignons, des parties au temps très limité (de 1 à 3 minutes) et l’accent mis sur les classements hebdomadaires avec ses amis. Bubble Bunny se joue d’une manière assez proche de Puzzle Bobble avec une plus grande prise en compte de la physique, puisque les bulles sont placées sur des pièces qui pivotent en fonction des changements du centre de gravité à mesure que certaines bulles disparaissent. Le gameplay est nerveux et bien calibré même si les parties ont tendance à se ressembler. Graphiquement le jeu est loin de la subtilité et de la sensibilité de Treasure City mais fonctionne pour ce type de jeu.
Jouer à Bubble Bunny.

Belote Multijoueurs

IsCool Entertainment (anciennement Weka Entertainment), surtout connu pour son jeu phare IsCool, dispose d’un autre titre à succès : Belote Multijoueur (110 000 DAU). Pas de grosse surprise, le jeu propose effectivement de jouer à la belote à plusieurs, mais la réalisation est de haute volée : interface soignée et bon goût, match-making efficace, chat durant les parties, vote pour éjecter les joueurs inactifs et replacement à la volée de ces derniers par des bots… Ou comment adapter un jeu de cartes à Facebook de manière intelligente.
Jouer à Belote Multijoueur. 

Les Monsteurs

Les Monsteurs (50 000 DAU) de Picaboum, petit développeur basé près de Lyon, propose un concept très proche de celui d’IsCool. Le principe est identique : collectionner des cartes classées par thème. Des activités annexes comme des quiz ou jeu du pendu permettent de gagner plus de points. Pour se distinguer de la concurrence, le jeu a opté pour des personnages en pâte à modeler (plutôt réussis) et des noms à base de calembours dignes des Crados. L’aspect communautaire, primordial pour ce type de jeu, n’a pas été oublié avec Monsteurs Troc, une application dédiée à l’échange de cartes.
Jouer aux Monsteurs.

Inkazee

Prizee est un nouveau venu sur Facebook mais n’en est pas à son galop d’essai. La société, basée à Clermont-Ferrand, existe depuis 2000 et se concentrait jusqu’à présent sur son site web Prizee.com et sa quarantaine de jeux. Montée en puissance du jeu sur Facebook oblige, la société propose à présent deux titres sur Facebook dont le plus important est Inkazee (10 000 DAU). Le jeu est une variante de match-3 où le but est faire descendre un certain nombre de perles en bas du tableau en utilisant les bonus à bon escient. La réalisation est propre mais le jeu n’apporte pas grand chose au genre, surtout face aux poids lourds déjà présents sur Facebook. Comme sur Prizee.com, l’objectif ultime est l’accumulation de points qui permettront l’obtention de cadeaux « réels ».
Jouer à Inkazee.

Star Pearl

Tout comme Prizee, Royal Cactus est nouveau sur Facebook mais a plusieurs années d’expérience avec leur site web Royalcactus.com où comme chez Prizee on peut aussi échanger ses points contre des cadeaux. Dans la foulée de leur récente levée de fonds de 500 000 euros, leur premier jeu sur Facebook, Star Pearl, est à présent disponible. Le jeu est basé sur le concept de Zuma/Puzz Loop où le but est d’assembler des boules en chaînes de couleur identique pour les faire disparaître. L’animation d’introduction vaut le détour à elle seule, même si les graphismes du jeu en lui-même sont plus classiques.
Jouer à Star Pearl.

Kartoon

Quelques lignes sur Kartoon pour finir, un jeu de course de karts à la sauce rurale par un jeune studio, Kadank Games. Le jeu vaut le coup d’oeil pour sa réalisation soignée en 3D grâce au recours au plug-in Unity malgré des décors un peu vides, mais malheureusement le nombre de joueurs est modeste à l’heure actuelle avec une centaine de DAU. La concurrence frontale avec le vétéran KartRider, également fraîchement débarqué sur Facebook (jouable ici), y est peut être pour quelque chose, comme l’impossibilité apparente d’affronter des joueurs réels. Le jeu est tout récent et semble évoluer rapidement, donc espérons que les statistiques iront en s’améliorant.
Jouer à Kartoon.

Je terminerai sur une note plus sombre : les jeux dont j’avais dressé la liste l’an dernier ont depuis perdu plus de 1 million de DAU (environ 2 000 000 de DAU à eux tous en juin 2011, 820 000 aujourd’hui), et cette perte n’a probablement pas été compensée par les nouvelles sorties des studios concernés, puisque les jeux que j’évoque aujourd’hui et qui représentent le gros des nouveautés  ne totalisent qu’environ 300 000 DAU. La seule société à tirer son épingle du jeu est Kobojo, grâce à la version arabe de PyramidVille, مدينة الأهرامات, qui compte maintenant près de 500 000 DAU et qui en fait donc le plus gros jeu de la société. Alors certes, ma méthode n’est absolument pas scientifique mais cela donne une idée de l’évolution du marché ces 12 derniers mois. Plus que jamais, le gros problème sur Facebook est la difficulté pour un utilisateur de découvrir des nouveaux jeux, ce qui limite énormément le renouvellement de l’audience des applications et favorise les structures les plus importantes type Zynga. Un des objectifs du futur App Center de Facebook est de remédier à cela, espérons qu’il y parvienne.


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Les jeux de studios français sur Facebook (2)

Lors de mon précédent billet sur les jeux français sur Facebook, j’ai commis deux oublis de taille : les sociétés Kobojo et Weka Entertainment, toutes deux basées dans la capitale.

Kobojo est probablement la structure française la plus active en matière de social games et a récemment annoncé une levée de fonds auprès d’investisseurs à la hauteur de 5,3 millions d’euros. Avec cette somme elle espère renforcer sa position et se développer à l’international, avec en ligne de mire les pays hispanophones. Voici un aperçu de ses deux principaux jeux sur Facebook :

  • PyramidVille (environ 520 000 DAU lors de la rédaction de ce billet), lancé en janvier 2011, vous charge de fonder et développer une ville dans le désert Égyptien. Comme le nom le laisse sous-entendre, le jeu est très proche de FrontierVille de Zynga mais avec un habillage de type Égypte antique. La réalisation est très propre, les mécanismes du gameplay efficaces, mais assez logiquement le jeu laisse une impression de déjà-vu pour quiconque connaît FrontierVille.
PyramidVille de Kobojo

PyramidVille de Kobojo

  • Goobox (environ 370 000 DAU lors de la rédaction de ce billet, toutes versions confondues) est une compilation de jeux de type match-3, jeux de cartes, mahjong ou jeux de vocabulaire/lettres. Les plus populaires sont probablement Pyramidz et Elementz (disponibles sur iOS également) mais tous jouissent d’une réalisation soignée et se montrent très prenants à l’usage.
Pyramidz (Goobox) de Kobojo

Pyramidz (Goobox) de Kobojo

Weka Entertainment est une structure plus ancienne, connue à l’origine pour leur portail de jeux grand public Cafe.com mais qui propose également des jeux sur Facebook depuis fin 2008. La société est cotée au NYSE, ce qui permet de constater qu’elle fait des profits confortables : 1,92 M€ de bénéfice net pour 9,1 M€ de revenus en 2010.

  • Is Cool (environ 450 000 DAU lors de la rédaction de ce billet) est de loin son application sur Facebook la plus populaire, même s’il s’agit plus d’une collection de cartes (néanmoins très sociale, ce qui explique son succès) que d’un jeu vidéo « classique » du fait de l’aspect aléatoire de la chose et du peu de prise de décision de la part du joueur.
Is Cool de Weka Entertainment

Is Cool de Weka Entertainment

Lire la première partie.