16 Couleurs

16 Couleurs – graphisme & jeu vidéo


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Archéologie infographique : le graphisme pour la NES

J’ai dernièrement eu l’opportunité de travailler avec Mara et Glafouk de Flush sur une petite production pour la NES, une invitation pour la VIP 2018 :

Le temps nous a fait défaut pour pouvoir inclure certaines des idées que nous avions en tête (en particulier, un peu d’animation sur les fantômes) mais le résultat est satisfaisant, surtout que pour nous tous il s’agissait peu ou prou de notre première expérience avec la NES. Ça m’aura ainsi permis de m’initier à la réalisation de graphismes adaptés aux contraintes de la console même si la réalisation de certaines images a été un peu précipitée.

Comme toujours, il a fallu tâtonner un petit peu avant de trouver exactement comment s’y prendre. Pour commencer il est très utile de comprendre comment la NES gère l’affichage à l’écran. L’article NES Graphics – Part 1 l’explique très clairement, mais on peut le résumer à ces cinq règles, les cinq commandements du graphisme NES :

  • La résolution de la NES est de 256×240
  • On dispose de 4 palettes de 4 couleurs (hors sprites), choisies parmi un total de 64.
  • La couleur 0 dans chacune de ces 4 palettes doit être identique, c’est la « couleur de fond ».
  • L’écran est composé de tiles de 8×8 pixels, avec un maximum de 256 (une tile peut être utilisée autant de fois que nécessaire).
  • Ces tiles sont à leur tour groupées en blocs de 2×2 (donc 16×16 pixels) qui doivent chacun utiliser uniquement les couleurs d’une seule palette.

NES graphics explained

Il faut donc gérer une double grille : 8×8 pour les tiles et 16×16 pour les palettes. La deuxième s’avère beaucoup plus contraignante en pratique et il vaut mieux commencer par la prendre en compte dès le début pour éviter d’avoir à se casser la tête plus tard à gérer les conflits de couleurs.

Les contraintes ci-dessus sont spécifiques aux écrans d’arrière-plan, auxquels on peut ensuite ajouter des sprites, qui sont eux aussi composés de tiles de 8×8 et disposent de leur propre palette de 4 couleurs, dont une transparente. La NES peut afficher jusqu’à 64 sprites simultanément mais gare aux problèmes de clignotement s’il y en a plus de 8 sur une même ligne d’affichage.

Revenons à la palette standard NES, la sélection de 64 couleurs parmi lesquels on choisit les teintes souhaitée. La première impression, c’est que le choix des couleurs est un peu navrant : pas de vrai jaune, des teintes qui font quasiment doublon, très peu de gris… Ensuite j’ai réalisé qu’il y avait une multitude de façons de représenter ces couleurs selon la version de la console (NTSC/PAL), le type d’écran et la connexion entre les deux et j’ai décidé de ne pas trop me monter le ciboulot avec l’exactitude des teintes.

NES palettes

How I learned to stop worrying about NES colours.
Source : http://emulation.gametechwiki.com/index.php/Famicom_Color_Palette

NES Screen Tool est un petit outil Windows utilisé pour convertir une image au format BMP en un format compréhensible par la NES. Attention par contre, il faut vraiment respecter les contraintes de palettes à 100% pour que la conversion se passe bien, NESst ne prétend pas faire une conversion intelligente en optimisant la palette et en réaffectant les couleurs. Le moindre pixel en dehors des clous (même si c’est la bonne teinte, mais avec le mauvais index de palette) donne des couleurs complètement incorrectes sur un bloc entier. Mieux vaut donc préparer ses palettes dès le départ, en copiant la couleur de fond à l’index 0 de chaque palette et bien s’assurer que chaque bloc de 16×16 utilise les couleurs d’une seule palette uniquement.

NES Screen Tool

NES Screen Tool

Niveau tiles, certains logiciels de pixel art les gèrent nativement, ce qui permet de s’assurer qu’on ne dépasse pas la limite de 256. Sinon on peut simplement afficher une grille de 8×8 et veiller à réutiliser les mêmes tiles autant que possible. En guise de référence, ma petite maison ci-dessus n’en utilise que la moitié sur les 256 disponibles.

Également disponible dans la série « archéologie infographique » :

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La console la moins chère du monde

Un des avantages de vivre en Chine est d’avoir accès à une quasi-infinité de produits à la qualité parfois douteuse mais au prix imbattable.  Démonstration aujourd’hui avec la console à 4 euros !

En l’occurrence, la version de base de la Xiao Ba Wang D30 (小霸王, « petit despote ») est proposée aux environs de 30 yuans, soit un peu moins 4 euros. La console est produite dans le Guangdong par Subor qui, outre de nombreux modèles de consoles très « inspirés » par la concurrence japonaise, propose tout une gamme de produits électroniques grand public tels que des baladeurs MP3/MP4, tablettes et portables pour enfants.

Après l’ouverture de l’emballage, on se trouve en présence d’une console de petite taille et de 2 manettes type NES. A noter que celles-ci utilisent le connecteur 9 broches introduit par Atari sur la VCS 2600 avant de devenir un standard de facto qu’on retrouvera sur Master System, Megadrive, Atari ST, Amiga, Amstrad, etc. Les ingénieurs d’Atari n’avaient surement pas imaginé que ce standard survivrait encore en Chine 35 ans plus tard !

Étonnamment la coque de la console est déjà marquée et tachée au déballage, alors qu’il s’agit d’un produit neuf… Le problème est de toute évidence survenu au moment de l’assemblage ou lors du stockage des pièces, mais à ce niveau de prix là il ne faut pas non plus s’attendre à une chaîne d’assemblage immaculée.

À l’allumage, pas de grosse surprise, si le prix est si bas c’est aussi parce que les frais de R&D ont été à peu près inexistants puisque la console émule tout simplement la NES. La cartouche « 64-in-1 » reçue avec la console (en option, ce qui pousse le prix à 50 yuans ou 6 euros) contient la plupart des classiques de la 8 bit de Nintendo, bizarrement en version anglaise (une langue qu’on imagine moins connotée que le japonais en Chine), avec quelques particularités en prime. D’une part, toute allusion à Nintendo ou aux développeurs d’origine a été supprimée, comme les copyrights sur les écrans de titre. Pas sûr que cela suffise à supprimer les soupçons de piratage… D’autre part, les titres et les logos de certains jeux ont été modifiés : Gradius devient par exemple Grading et Donkey Kong 3, Gorilla 3. Enfin la cartouche contient des versions « super » de quelques titres, qui sont identiques au jeu d’origine mais accélérées.

Pas de soucis particulier à l’usage même si la durée de vie des manettes est sujette à caution. La qualité d’affichage est également très brouillonne, mais il me semble que la NES avait le même problème. À noter qu’on peut trouver des variantes de la console au style d’inspiration diverse (Famicom japonaise, Playstation ou même Angry Birds !).

En tout état de cause, la console m’aura permis de découvrir certains jeux NES sympathiques, comme Circus Charlie ou Ice Climber. La nostalgie aidant, on peut se demander si une version officielle de la part de Nintendo, évidemment de meilleure qualité, carrossée comme une NES miniature et proposée aux alentours de 15 -20 euros ne pourrait pas trouver son public.