16 Couleurs

16 Couleurs – graphisme & jeu vidéo


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Stella À Trois, une intro 4 ko pour Atari 2600, et les prods marquantes de la Revision 2018

Stella À Trois est une petite intro 4 ko pour l’Atari 2600 que j’ai réalisée avec Flewww et Glafouk et qui fut présentée à la Revision le week-end dernier. Dans cette catégorie, la difficulté consiste évidemment à conserver la taille du programme sous la barre des 4096 octets tout en proposant des effets intéressants, ce qui limite grandement les possibilités. Ici je pense que les objets en dots mettent bien en valeur les capacités de la console. Le code source de l’intro est disponible sous licence GPL pour les plus curieux d’entre vous. Je tiens enfin à préciser que je suis seul responsable du jeu de mot vaseux utilisé pour le titre (Stella étant le nom de code de la console lors de son développement).

La Revision est considérée comme la demoparty la plus importante du moment et par conséquent on y découvre toujours beaucoup de productions très intéressantes. Voici quelques-unes de celles qui m’ont le plus impressionné cette année :

  • The Fall par Lemon et Deadliners : une démo Amiga 500 peaufinée à l’extrême et agrémentée de superbes graphs de Made.

 

  • Crank Crank Revolution par LFT et Redcrab : un petit jeu C64 humoristique, original et très bien réalisé.

 

  • Isometrikum par Vanity : une intro 4 ko pour Amstrad CPC très originale et agréable à regarder même en faisant abstraction des contraintes techniques.

 

  • Oscar’s Chair par Eos : une intro PC 4k très cinématique et extrêmement impressionnante. À cette taille là, la puissance des microprocesseurs modernes est mise à profit pour générer toutes les assets complexes : textures, samples, effets spéciaux… Pour référence, 4 ko c’est un fichier de 4096 caractères, soit 3 pages de roman ou probablement moins que le poids d’une icône sur votre bureau.

 

  • When Silence Dims The Stars Above par Conspiracy : du grand spectacle en 64 ko (grosso modo le poids d’un petit GIF). On arrive au point où la génération du contenu est tellement optimisée que la contrainte de taille se fait quasiment invisible. On croirait presque voir l’intro d’un jeu récent à gros budget.

 

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The Den, pixel art pour Atari STE

Une fois la décision prise d’assister à la demoparty Silly Venture qui s’est tenue à Gdansk en Pologne du 8 au 10 décembre, je ne voulais pas arriver les mains vides (même si j’avais déjà une démo Atari 2600 sur le feu), en particulier pour la compétition de graphs Atari ST dans laquelle j’ai eu l’occasion de participer en 2014 et 2016. Cette année ma contribution a terminé deuxième derrière une image de Carrion que je trouve très réussie.

The Den, Atari STE pixel art

The Den, image Atari STE pour la Silly Venture 2017 (taille doublée)

En plus d’être de saison, le thème me trottait dans la tête depuis longtemps, au point où j’avais envisagé de préparer une image un peu similaire, même si plus champêtre et plus estivale, pour la précédente édition de la Silly Venture.

Comme d’habitude pour la machine, l’image est en 320×200 pixels en 16 couleurs grace à la palette étendue de l’Atari STE (16 niveaux par composante rouge, verte et bleue pour un total de 4096 couleurs, à comparer aux maigres 512 couleurs des ST et STF). Le travail a pris à peu près 20 heures des premières ébauches sur papier jusqu’à l’image finale.

Pour la première fois pour moi, j’ai enregistré la totalité du processus de création en faisant une capture d’écran de Grafx2 toutes les deux secondes. Après la conversion des quelques 29000 images en une petite vidéo de 17 minutes, vous pouvez maintenant avoir un aperçu ma façon de travailler en 50 fois plus rapide. La bande son provient elle des diskmags Imphobia que je lisais il y a une vingtaine d’années et dont les musiques m’ont marqué durablement (pas trop de séquelles à part ça, merci).

Pour compenser mes lacunes en perspective et m’assurer que l’agencement de la pièce était physiquement possible en trois dimensions, j’ai utilisé comme référence un rendu 3D des formes de base, d’où la présence de la grille en début de vidéo quand j’esquisse les meubles.

L’avantage de ce genre de vidéo je pense est de se rappeler que les premières étapes d’un processus créatif ressemblent rarement à grand chose et que ce n’est qu’avec de l’huile de coude et de la patience qu’on arrive petit à petit à obtenir un résultat correct. L’important est donc de persévérer, comme l’écrivait si bien Boileau :

Hâtez-vous lentement, et sans perdre courage,
Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage,
Polissez-le sans cesse, et le repolissez,
Ajoutez quelquefois, et souvent effacez.

J’en profite pour vous souhaiter une bonne année 2018 à tous ! Si j’avais un vœu à formuler pour cette nouvelle année, ce serait de pouvoir dessiner aussi vite que sur la vidéo ci-dessus 🙂


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40 years par Flush, une démo Atari 2600 pour la Silly Venture 2017

Atari VCS 40th anniversary

Après .bin en avril, j’ai récemment eu l’opportunité de participer à une nouvelle démo pour l’Atari 2600, dédiée aux 40 ans de la console. Je vous laisse le soin d’apprécier le chemin parcouru depuis en matière de jeu vidéo.

Une des particularités de la démo est de faire usage d’un nouveau mode graphique conçu par Tjoppen qui met à profit les sprites pour pouvoir afficher une image en 40×96 avec jusqu’à 3 couleurs par ligne (la couleur de base, unique pour toute l’image et en pleine résolution + deux couleurs en résolution 4×1, affichées en arrière plan). Ceci permet d’afficher des images un tantinet plus colorées qu’habituellement sur la machine, comme on peut voir sur mes deux images ci-dessous. Celles-ci ont été réalisées dans l’urgence sur place et dans des conditions pas franchement idéales, il y a certainement moyen de faire beaucoup mieux en prenant son temps.

Atari VCS new graphic mode

Pour finir, une version de la bougie animée en mode plein écran, qui n’a malheureusement pas pu être intégrée à la démo par manque de place. Comme quoi 32 ko ça se remplit assez rapidement en fait 🙂

Niveau émulateur, je peux conseiller l’utilisation de Stella qui est un peu la référence en matière de VCS et qui présente l’avantage de tourner sur toutes les plateformes.

Atari 2600 joystick candle

 


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Archéologie infographique : le graphisme pour Atari 2600

On peut difficilement imaginer plus oldschool et rustique que l’Atari 2600 (ou VCS) : sortie en 1977, la première console d’Atari a été conçue avec un cahier des charges des plus drastiques : créer une machine qui permettrait grosso modo de faire tourner le Tank d’Atari/Kee Games pour un coût minimum.

Les p’tits gars de Flush qui sont des gens très bien m’ont donné l’opportunité de faire mes armes sur la 2600 en vue d’une démo pour la Revision 2017. La coopération s’est très bien passée et on a pu se côtoyer lors de la party sans que ça se termine en pugilat sur le parking d’une zone commerciale de Sarrebruck. Je pense qu’on est même tous contents du résultat : une démo propre et originale sur une machine où les productions ne se bousculent pas. La musique en particulier est à des années-lumières des premières démos VCS grâce au talent de Glafouk et de l’existence d’un outil dédié : TIATracker.

 

Les capacités graphiques de la machine sont évidemment très limitées : résolution de 40×192 théoriquement (c’est bien 40, il ne manque pas un chiffre), même si .bin tourne en fait en 40×248, et seulement 1 couleur par ligne sur les deux « calques » (background et playfield, les pixels sur ce dernier pouvant être aussi transparents). Par contre le nombre de couleurs simultanées n’est limité que par la palette de 104 couleurs même si en pratique on peine à en utiliser beaucoup simultanément vu les autres contraintes. Outre les deux calques, on dispose de quelques sprites 1 bit de 8×192 ou 1×192 (player 1, player 2, missile et ball) qui peuvent éventuellement être doublés, triplés ou quadruplés sur l’axe horizontal et qui peuvent être utilisés pour ajouter des détails d’une couleur différente sur des images, comme les yeux rouges sur mon image du robot.

En pratique, produire des graphismes pour la VCS est relativement simple. Voilà ma façon de procéder :

  • Tout d’abord se procurer la palette de la console. Attention, les couleurs diffèrent légèrement entre les versions PAL et NTSC du hardware, avec des couleurs plus vives dans le deuxième cas. Les démos Flush visent les consoles européennes et c’est donc la palette PAL qui fut choisie. Un lien pour télécharger la palette que j’ai utilisée est disponible en fin d’article.
  • Créer une nouvelle image en 320×192 (ou 320×248 si c’est une option) dans son logiciel de dessin préféré.
  • Créer deux calques pour le background et le playfield. On peut éventuellement en ajouter d’autres pour les sprites.
  • Définir une grille de 8×1 qui permettra de garder en tête la résolution particulière de la VCS.
  • Dessiner avec une brosse de 8×1 sur le calque playfield. C’est plus simple pour le calque background, puisque les lignes font forcément la largeur de l’écran.
  • S’assurer qu’une seule couleur par ligne est utilisée et que la grille de 8×1 est bien respectée pour le playfield.
  • Exporter les calques individuellement.
  • Redimensionner les images exportées en 40 pixels de large (algorithme « nearest neighbor / hard edges » évidemment).
  • Envoyer le tout à une personne qualifiée qui saura afficher ça sur la 2600 🙂

Je suis particulièrement content du logo Flush en simili-3D (voir en début d’article), qui je pense fait oublier un instant les limitations de la machine. J’avais proposé ça sans trop croire que ce soit techniquement possible quand je réfléchissais à des transitions pour le logo à l’aide d’Adobe Animate (Flash Professional pour les plus vieux). Il s’est avéré que c’était faisable et le résultat final est même supérieur à mon mockup d’origine ! Merci à Flewww, g012, Glafouk et p0ke pour ce petit projet très sympa qui ne sera d’ailleurs sûrement pas le dernier.

 

 


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Screenshots de démos en vrac, volume 1

Je m’efforce ces derniers temps d’être contributeur régulier au site Demozoo, qui ambitionne de devenir la plus grosse base de données sur internet consacrée à la démoscène et permettra de préserver cette culture peu connue à l’avenir. On y compte aujourd’hui, en arrondissant un peu, un total de 68 000 productions, 34 000 images, 63 000 musiques et 50 000 sceners répartis en 15 000 groupes. Ces nombres augmentent tous les jours puisque beaucoup de releases manquent encore à l’appel.

Pour illustrer certaines de ces productions, j’ai fourni depuis un peu plus d’un an pas loin de 1500 screenshots, ce qui reste une goutte d’eau comparé aux 120 000 disponibles sur le site.  J’ai réalisé que beaucoup de ces images sont intéressantes intrinsèquement, que ce soit d’un point de vue technique, artistique ou même purement nostalgique. Voici une première sélection de ces artefacts de culture numérique résolument underground.

Pour conclure, voici des agrandissements des modes pseudo high-color évoqués ci-dessus qui permettent de se faire une meilleure idée de la bidouille :

 


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No Cigar

Voici ma deuxième contribution aux compétitions de la Silly Venture 2016 (mon image Atari ST Borregas Avenue étant la première). En l’occurrence il s’agit plus d’un délire que d’autre chose, un compofiller réalisé sur place dans des conditions pas vraiment optimales pour étayer la compétition de graphs Falcon qui reçoit généralement peu d’attention. L’image est en 320×240 et 256 couleurs.

No Cigar (pixel art 320x240, 256 couleurs)

No Cigar (pixel art 320×240, 256 couleurs)

Étant donné le peu de temps à ma disposition (deux heures), j’ai opté pour une technique que je qualifierais de « semi pixel art ». Après un croquis affreux (pas de tablette graphique) dans Photoshop, j’ai construit les silhouettes des formes de base avec Inkscape, un logiciel de dessin vectoriel gratuit et open source. J’ai ensuite exporté le résultat sous forme de bitmap puis réalisé tout l’ombrage et les détails à la main sous Grafx 2. De cette manière j’ai pu éviter d’avoir à faire manuellement l’anti-aliasing à l’extérieur du personnage qui prend toujours beaucoup de temps. L’effet de fumée aurait également été beaucoup plus long à réaliser en pur pixel art.

Étapes No Cigar

Différentes étapes : croquis, vectoriel, pixel art

No Cigar sur Demozoo

 


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Borregas Avenue (image Atari STE)

Me voilà de retour la plus grosse demoparty consacrée aux machines Atari, la Silly Venture à Gdansk en Pologne. J’y ai présenté une image appelée Borregas Avenue qui a remporté la deuxième place dans la compétition Atari ST Graphics. C’est un assemblage de personnalités, jeux et consoles en rapport avec l’univers d’Atari, sorte d’hommage nostalgique à l’entreprise à travers les âges. De gauche à droite, j’espère que vous reconnaîtrez Tempest (arcade, 1981), Asteroids (arcade, 1979), Nolan Bushnell (co-fondateur et président d’Atari jusqu’en 1978), Midi Maze (Atari ST, 1987), Yars’ Revenge (Atari 2600, 1981), Jack Tramiel (président d’Atari de 1984 à 1996), la Lynx (version 2 ici, 1991) et les yeux du marketing de la Jaguar (1993). Le bâtiment en bas est l’ancien siège d’Atari au 1265 Borregas Avenue à Sunnyvale en Californie, que j’avais eu l’occasion d’apercevoir l’an dernier.

Borregas Avenue (Atari ST pixel art)

Borregas Avenue, version avec l’aspect ratio corrigé. Image originale (320×200) ici : https://16couleurs.files.wordpress.com/2016/11/borregasavenue1.png

Pour ce qui est de l’inspiration, je voulais réaliser une image dans le style de ces posters de films des années 80 qui combinaient plusieurs éléments (Blade Runner ou Moonwalker par exemple) avec un thème qui m’est cher et m’a semblé bien adapté à la philosophie de la Silly Venture 🙂

borregasavenuemockupL’image a été conçue pour être vue avec une résolution de 320×200 sur un écran 4/3 avec des pixels non pas carrés, mais légèrement étirés dans le sens de la hauteur, d’où un aspect un peu écrasé sur les écrans modernes. J’ai corrigé le ratio sur l’image affiché ci-dessus, mais la version originale est disponible ici. Atari ST oblige, l’image utilise 16 couleurs mais a recours à la palette étendue de l’Atari STE qui permet de choisir les teintes parmi un plus large éventail (4096 au lieu de 512, le luxe !).

Étant donné le style pour lequel j’avais opté, la première étape de la conception a été un peu différente de mes images habituelles puisque j’ai réalisé dans Photoshop un collage des visuels d’origine pour décider de la composition. Une fois cette étape validée, le reste du travail a été du pixel art plutôt classique avec quelques dizaines de milliers de clics de souris. J’ai veillé à sauvegarder beaucoup d’étapes lors de la réalisation de l’image pour pouvoir faire une petite animation du processus, visible ci-dessous.