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Mes débuts en pixel art sur Atari Jaguar

16 mai 2013

J’ai finalement décidé de vivre avec mon temps et de passer au 64 bit… puisque c’est ainsi qu’Atari présentait la Jaguar lors de son lancement il y a presque 20 ans. La console fut un échec commercial et précipita la fin d’Atari mais elle conserve malgré tout une petite communauté très active et des nouveautés voient régulièrement le jour.

J’ai récemment eu l’opportunité de participer à la création d’une intro pour cette plateforme à l’aide du groupe Checkpoint. Avec 5 images en 128×128 à créer en 2 semaines (et dans mon temps libre), le timing était particulièrement serré et cela se ressent un peu sur le degré de finition de certaines images.

Jaguar SillyVenture 2013 Invitro GFX

Je suis plutôt satisfait des deux images du haut, celle de droite étant une mise à jour d’un visuel que j’avais fait il y a quelques années pour une intro sur Atari ST, en 11 couleurs à l’époque – la puissance insensée de la Jaguar permettant beaucoup plus que ça. Les 2 images du bas sont moins réussies à mon avis, et ont clairement souffert du manque de temps.

L’intro est disponible ici et tourne avec l’émulateur Virtual Jaguar. Voici une capture de l’intro qui tourne sur le vrai hardware :

Jeu : Blendoku (Android et iOS)

4 mai 2013
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Petite découverte du moment : Blendoku est un jeu qui consiste à ordonner en dégradés et de manière logique des blocs de couleur. Un principe simplissime mis en oeuvre très élégamment qui saura séduire les personnes à l’œil acéré et tout particulièrement les adeptes du pixel art en manque de palette :)

Blendoku

Les visuels aussi minimalistes que possible permettent de se concentrer entièrement sur les nuances de couleur. La prise est main est efficace avec comme unique regret le fait que le jeu ne soit pas jouable en mode portrait, toujours plus pratique sur mobile à la différence des tablettes.

Les fonctions sociales ou multijoueurs sont elles aussi réduites à leur plus simple expression, avec uniquement le temps moyen pour l’ensemble des joueurs qui s’affiche après chaque niveau complété et fournit une bonne motivation pour être le plus rapide possible et ainsi meilleur que la moyenne.

Le jeu est gratuit avec des achats in-app  pour obtenir plus de niveaux ou d’indices, et tout achat désactive également la publicité. Les 475 niveaux fournis gratuitement permettent déjà de s’occuper un long moment, même si 75 d’entre eux (les niveaux "master") sont plutôt destinés aux tablettes du fait de la petite taille des blocs.

Blendoku

Télécharger Blendoku pour Android

Télécharger Blendoku pour iOS

Le jeu vidéo : un passe-temps futile, des sociétés pas très fiables ?

16 avril 2013

ByeSimCitySocial

EA a donc décidé de fermer le 14 juin prochain les derniers jeux Playfish encore présents sur Facebook : Pet Society (en ligne depuis presque 5 ans !), The Sims Social et SimCity Social, sur lequel j’avais travaillé avec le reste de l’équipe Playfish à Pékin. Un rapide tour sur les forums des jeux en question permet de se rendre compte que les joueurs sont quelque peu amers.

Peut-être que ces jeux étaient rentables, peut-être qu’ils ne l’étaient pas ; je ne dispose pas d’information à ce sujet. Généralement les jeux arrivés à ce stade de maturité ne nécessitent plus qu’une équipe réduite puisque l’objectif est plus de conserver les joueurs existants qu’en attirer de nouveaux. Dans tous les cas, EA peut parfaitement décider que les ressources affectées à ces jeux seraient plus productives en étant redirigées vers d’autres projets.

Néanmoins je ne peux m’empêcher de penser que cette décision aura des conséquences préjudiciables du point de vue des joueurs. Le free to play est largement présenté comme une planche de salut pour le jeu vidéo, permettant de toucher une population très large (en particulier les gens les moins enclins à se considérer comme joueurs) tout en limitant les problèmes de piratage. Ces nombreuses personnes qui ont découvert le jeu vidéo par les free to play sur Facebook ou smartphones risquent de déduire de la fermeture soudaine de titres comme Pet Society que s’investir financièrement ou intellectuellement dans un jeu est une perte de temps, puisque le produit est susceptible de disparaître corps et biens en l’espace de quelques semaines.

ByePetSocietyLa situation est exacerbée par le fait que les derniers jeux Playfish sont des «creative canvas», supports quasi-vierges sur lesquels le joueur va lentement créer son univers en décorant chaque pièce de sa maison ou en construisant une ville à son image. Le contexte est légèrement différent pour des jeux comme Candy Crush Saga ou Bejeweled Blitz, où l’on dépense avant tout pour finir l’aventure ou battre ses amis. On paye pour une expérience, pas pour construire quelque chose, et on peut donc toutes proportions gardées comparer cette décision avec celle d’acheter un ticket pour un concert ou un film, au résultat tout aussi intangible.

La finalité est différente dans The Sims Social ou SimCity Social (ou même le nouveau SimCity, pour lequel le même problème se posera tout ou tard), jeux sans objectif clairement défini, où l’on paye surtout pour bâtir quelque chose. Si ce quelque chose disparaît brutalement, cela revient à démontrer à une génération de nouveaux joueurs que le jeu vidéo est un passe-temps futile proposé par des entreprises auxquelles on ne peut pas vraiment faire confiance. C’est tout comme si on leur indiquait qu’ils feraient mieux de passer à autre chose s’ils ne veulent pas perdre leur temps et leur argent. L’idée est tout à fait justifiable d’un point de vue philosophique (après tout il est sûrement plus enrichissant de passer ses soirées à écrire des poèmes ou à peindre à l’aquarelle) mais probablement un peu suicidaire pour l’industrie du jeu vidéo dans son ensemble.

6 Numbers, le nouveau jeu de Brainbow

7 avril 2013

6 Numbers

Peu de temps avant l’annonce de sa première levée de fonds, Brainbow a lancé le premier jeu dans lequel j’aurai été impliqué dès le début : 6 Numbers.

Comme Brainbow Numbers auparavant, le principe repose toujours sur le calcul mental et donc il est fortement conseillé d’aimer les chiffres !  Les problèmes sont cette fois présentés de manière différente, avec une succession des niveaux à franchir qui permet aussi de facilement comparer sa progression avec celle de ses amis Facebook.

6 Numbers

Le jeu est gratuit et disponible sur iPhone et iPad uniquement pour l’instant, mais une version Android est à l’étude. Nous travaillons déjà sur le prochain titre de Brainbow qui s’annonce complètement différent et plus substantiel graphiquement.

Télécharger 6 Numbers pour iOS

Archéologie infographique : le pixel art pour Thomson

31 mars 2013

J’avais parlé il y a quelque temps de création d’images en pixel art pour le ZX Spectrum. Restons dans le même état d’esprit aujourd’hui avec la série d’ordinateurs 8 bit de Thomson, dont les plus célèbres sont le MO5 et le TO8. Pour de nombreux trentenaires français (moi y compris), ces machines représentent le premier contact avec l’informatique, et dans la plupart des cas les séquelles ont été somme toute limitées :)

Graphiquement les Thomson ont des caractéristiques techniques comprises entre "correctes" (MO5-MO6) et "franchement bonnes" (TO8-TO9)… pour des machines 8 bit bien entendu ! Plusieurs modes graphiques sont supportés, mais le plus commun est le très classique 320 x 200 en 16 couleurs, avec néanmoins une petite contrainte pour rajouter un peu de piment : chaque bloc de 8 x 1 pixel ne peut comporter que 2 couleurs (gare au color clash autrement). Le MO5 ne supporte qu’une palette fixe aux couleurs pas franchement bien choisies (voir l’image ci-dessous), mais les 16 couleurs sur TO8 et TO9 sont à choisir parmi 4096, soit une gamme aussi étendue que sur Atari STE ! On trouve également sur TO8 un mode graphique 160 x 200 en 16 couleurs, sans aucune contrainte de bloc.

palette MO5

Voilà pour la partie théorique. En pratique, deux solutions sont envisageables pour réaliser des graphismes pour Thomson à l’heure actuelle. On peut soit utiliser un émulateur avec un logiciel natif comme Colorpaint ou Graffiti, mais la prise en main est à des années lumières d’outils sur d’autres machines comme Deluxe Paint, pourtant à peine plus récent. Une solution moins stressante est d’avoir recours au très polyvalent Grafx2 (évoqué ici auparavant), qui tourne sur une tripotée d’OS différents. Voici la marche à suivre :

Sélection de la profondeur des couleurs pour  le TO8

Création de la palette : pour le MO5, il suffit d’importer la palette d’origine et de se limiter aux 16 couleurs fournies. Pour le TO8, il faut régler la profondeur des couleurs sur 16 (le nombre de niveaux pour chaque composante R, G et B, soit 4096 permutations) avant de choisir ses 16 couleurs. Dans Grafx2, c’est avec RGB Scale que ça se passe, accessible avec un clic droit sur le bouton PAL.

Réglage de la grille

Réglage de la grille : elle permettra de garder les contraintes de bloc à l’esprit. Effectuer un clic droit sur le bouton FX, puis un clic droit sur Grid. Utiliser X = 8 et Y = 200, décocher "Snap" et cocher "Show". Tout est maintenant en place pour commencer à dessiner, mais attention : pas plus de 2 couleurs par bloc de 8 pixels, sinon ça va coincer.

Lancement du script

Contrôle du color clash : à moins d’être un robot, il y aura forcément des erreurs ici et là, mais Pulkomandy (qui est également l’auteur de la version actuelle de Grafx2) a eu la gentillesse de créer un script qui permet de détecter automatiquement les problèmes de color clash. Merci à lui puisque ça permet d’économiser pas mal de temps.

Le script affiche les erreurs sur le deuxième calque qui devra avoir été créé auparavant en cliquant sur le bouton "+" juste en dessous de la barre d’outil. Choisir ensuite une couleur 17 bien flashy puisqu’elle servira à afficher les erreurs. Pour lancer le script, effectuer un clic droit sur le bouton "FX encadré" (Brush effects), puis sur le script ThomsonConstraints.lua.

Sélection de la rotation de couleurs

Pour rendre les erreurs plus visibles, on peut aussi avoir recours à un petite rotation de palette : effectuer un clic droit sur Grad Menu, sélectionner les couleurs 17 et 18, puis choisir une vitesse assez élevée, comme 50. Lancer la rotation de palette avec Ctrl+` ou ² (la douche au dessus de tabulation, à gauche du 1).

Tu le vois là, mon color clash ?

Tu le vois là, mon color clash ?

Voici mes premières réalisations pour Thomson. La première image utilise la palette MO5 standard, la deuxième bénéficie quant à elle d’une palette libre grâce à la puissance du TO8. La version MO5 est utilisée dans une démo Thomson visible avec l’émulateur DCMOTO. Si vous souhaitez en savoir plus sur la demoscene Thomson, il est relativement rapide d’avoir une vue d’ensemble du phénomène, puisque Pouët.net ne recense que 28 productions.

Poiscaïe (version MO5)

Poiscaïe (version MO5)

Poiscaïe (version TO8)

Poiscaïe (version TO8)

Tyrannosaurus Tex, un prototype de FPS sur Gameboy Color

16 mars 2013

Par l’intermédiaire de l’association MO5, j’ai appris que Nintendo Player venait de mettre la main sur un prototype jouable d’un jeu Gameboy Color que tout le monde croyait perdu : Tyrannosaurus Tex.

Annoncé en 1999, le jeu aurait dû être le premier vrai FPS de la portable de Nintendo. Malheureusement le développement traîna en longueur, l’éditeur Eidos jeta l’éponge, et les développeurs de Slitherine furent forcés de passer à autre chose pour pouvoir survivre. Le fait que le programmeur principal s’enfuit en Australie avec le code source n’arrangea pas les choses non plus… Pour plus de détails, je vous recommande la lecture de l’article de Nintendo Player, très instructif et extrêmement détaillé. La ROM est téléchargeable en bas de page sur leur site et est jouable avec l’émulateur KiGB.

Tyrannosaurus Tex

Le prototype laisse supposer que le jeu nécessitait encore plusieurs mois de travail au vu du nombre de bugs présents, mais permet de se faire une bonne idée des capacités du moteur. En l’occurrence,  avec sa fluidité tout à fait correcte et sa maniabilité bien nerveuse, le résultat est très impressionnant pour un titre GBC.

Tyrannosaurus Tex

L’esprit de Tyrannosaurus Tex me rappelle un peu celui d’un de mes jeux préférés, Warlocked (évoqué ici auparavant). Au premier abord, les deux titres n’ont pas grand chose à voir mais, outre le fait qu’ils émanent de petites structures britanniques, les deux partent d’une idée de départ qui peut faire sourire ("un RTS/FPS sur Gameboy Color !"), mais grâce à une vision claire, un hardware maîtrisé sur le bout des doigts (souvent synonyme de fin de vie commerciale, malheureusement), un game design fait sur mesure pour la plateforme, et sûrement beaucoup d’effort et d’astuce, ils aboutissent à un résultat parfaitement jouable qui s’affranchit des limitations de la machine. Certes, dans le cas de Tyrannosaurus Tex on est un peu dans le domaine de la projection, mais on peut espérer que le produit final aurait été à la hauteur des espérances.

Voir l’article de Nintendo Player (en anglais)

Vieux jeux en vrac : Lemmings Paintball, Krakout Unlimited, Platypus (Windows)

9 mars 2013
  • Lemmings Paintball (1996)

Commençons par ce titre assez peu connu de la série Lemmings, développé par Visual Sciences (basé à Dundee, en Écosse) et édité par le regretté Psygnosis. Je m’attendais un peu au pire, étant donné que la connexion entre les rongeurs suicidaires et le paintball n’est pas évidente au premier abord, mais le jeu fonctionne en fait très bien. Pour simplifier énormément, il s’agit d’un mélange de Canon Fodder et de The Lost Vikings, transposé dans l’univers farfelu des Lemmings.

Lemmings Paintball

Concrètement, le but de chaque niveau est de capturer un ou plusieurs drapeaux en dirigeant jusqu’à quatre lemmings. Ces derniers sont équipés de pistolets de paintball pour éliminer les odieux lemmings à robe rouge qui se mettront sur leur route. Les niveaux regorgent évidemment de leviers à actionner, de plateformes qui montent et qui descendent et autres trampolines. Pour en venir à bout, on devra utiliser les unités disponibles à tour de rôle et à bon escient, comme en chargeant un lemming de maintenir une porte ouverte pendant que l’autre s’occupe d’éliminer les ennemis. Comme dans le Lemmings original, un certain nombre de pertes est autorisé, et on peut donc terminer un niveau avec uniquement 50% de taux de survie, par exemple.

Lemmings PaintballJe note juste deux petits accrocs : le pathfinding souvent déficient, qui oblige à multiplier les clics, et la sauvegarde par mot de passe, difficilement supportable aujourd’hui.

Rien à redire par contre sur la prise en main à la souris qui est intuitive et efficace. Les graphismes en pixel art (le jeu tourne en 320×240, sauf les menus en 640×480) sont également d’un bon niveau, en particulier les animations des lemmings. Le jeu dispose également d’un petit film d’introduction en pâte à modeler, ce qui est toujours très sympa à regarder.

A noter également, la présence du Lemmings "classique" version Windows 95 sur le disque. Merci, m’sieur Psygnosis.

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